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Hongrie : Le Parlement adopte une réforme visant à écarter Sulyok

Le Parlement hongrois a adopté lundi 13 juillet un amendement constitutionnel visant à mettre fin au mandat du président de la République, Tamás Sulyok. Portée par le Premier ministre Péter Magyar, cette réforme marque une rupture majeure avec l’ordre institutionnel établi durant les seize années de pouvoir de Viktor Orbán et ouvre une nouvelle période d’incertitude politique à Budapest.

Le texte a été adopté par 139 voix pour et 6 contre, lors d’un vote marqué par l’absence des députés du parti nationaliste Fidesz de Viktor Orbán, qui ont boycotté la séance parlementaire. Le mouvement dénonce une tentative de remise en cause des équilibres démocratiques et accuse le nouveau pouvoir de vouloir instaurer un système autoritaire.

Arrivé au pouvoir après sa victoire aux élections législatives d’avril, Péter Magyar, chef du parti conservateur pro-européen Tisza, affirme vouloir démanteler progressivement le système politique construit par Viktor Orbán. Il considère le président Tamás Sulyok comme un symbole de l’ancien régime et l’a publiquement qualifié de « marionnette » de l’ex-Premier ministre.

Depuis plusieurs semaines, Péter Magyar appelait le chef de l’État à quitter ses fonctions volontairement. Après l’adoption de l’amendement, il a estimé que cette décision marquait « l’achèvement de la réforme constitutionnelle du régime Orbán », assurant vouloir restaurer un fonctionnement institutionnel fondé sur l’État de droit.

Tamás Sulyok, âgé de 70 ans, conteste cette procédure. Il affirme qu’elle viole les principes fondamentaux de la démocratie, de la séparation des pouvoirs et de l’État de droit. Selon l’amendement adopté, son mandat prendra fin dès le lendemain de l’entrée en vigueur du nouveau texte, avant l’élection d’un nouveau président pour une durée de cinq ans par le Parlement.

Le président dispose désormais d’un délai de cinq jours pour signer l’amendement ou s’exposer à une procédure de destitution annoncée par Péter Magyar.

Depuis les États-Unis, où il assistait à la phase finale de la Coupe du monde de football, Viktor Orbán a réagi en appelant ses partisans à « résister » si Tamás Sulyok était évincé par la force. Battu après seize années de domination politique, l’ancien Premier ministre accuse son successeur de chercher à imposer un nouveau système de pouvoir.

La réforme constitutionnelle suscite également les inquiétudes de plusieurs organisations de défense des droits humains. Amnesty International réclame une procédure équitable pour Tamás Sulyok, tandis que Human Rights Watch estime que ces modifications rappellent certaines pratiques institutionnelles mises en place sous le gouvernement Fidesz.

Avec cette décision, la Hongrie entre dans une nouvelle phase de confrontation politique. Le bras de fer entre Péter Magyar et l’ancien camp Orbán pourrait redéfinir profondément l’avenir des institutions hongroises et l’équilibre démocratique du pays.