RDC : Félix Tshisekedi relance un dialogue national aux nombreux défis politiques
Le président Félix Tshisekedi a annoncé l’organisation prochaine d’un dialogue national inclusif après une rencontre de deux heures avec les responsables des principales confessions religieuses à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa. L’annonce a été rendue publique par le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, tandis que le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a salué une décision « historique ». Une ordonnance présidentielle viendra prochainement fixer les modalités d’organisation, le calendrier, les objectifs et la méthodologie de ce processus voulu comme un cadre de concertation entre les différentes composantes de la nation congolaise.
Convoqué en vertu de l’article 69 de la Constitution, qui fait du chef de l’État le garant de l’unité nationale, ce dialogue bénéficiera de l’accompagnement des confessions religieuses, notamment la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), l’Église du Christ au Congo (ECC), la Communauté musulmane et la Plateforme des confessions religieuses. Ces organisations poursuivront les consultations avec les partis politiques, la société civile et les autres acteurs nationaux afin de favoriser un climat propice aux échanges. Le gouvernement précise également que cette initiative ne remet pas en cause les processus diplomatiques déjà engagés, notamment les négociations de Washington entre la RDC et le Rwanda, les discussions de Doha avec l’AFC/M23 ainsi que la médiation conduite par l’Angola.
Malgré cette avancée, plusieurs zones d’ombre subsistent. Les autorités n’ont communiqué ni la date ni le lieu du dialogue, même si son organisation sur le territoire congolais reste privilégiée. La composition des participants demeure également inconnue. Le gouvernement considère que le caractère inclusif suppose une condamnation claire de ce qu’il qualifie d’« agression rwandaise ». À l’inverse, la coalition d’opposition C64, qui rassemble notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, conditionne sa participation à plusieurs exigences, parmi lesquelles l’abandon du projet de révision constitutionnelle, la libération des prisonniers politiques, la fin des poursuites judiciaires à caractère politique et le rétablissement des libertés publiques.
La question de la révision de la Constitution continue d’alimenter les divergences. Si Patrick Muyaya affirme qu’elle n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour du Conseil des ministres, il reconnaît qu’elle pourrait être abordée si les participants l’évoquent au cours des discussions. Cette position contraste avec celle de la Cenco, qui s’oppose à toute modification de la Loi fondamentale. Selon une source gouvernementale, l’ordonnance présidentielle pourrait être publiée après le retour de Félix Tshisekedi de New York, d’ici la fin du mois de juillet.
Ce futur dialogue représente un test politique majeur pour les autorités congolaises. Il devra restaurer la confiance entre les différents acteurs, définir un cadre réellement inclusif et s’articuler avec les médiations internationales déjà en cours. Dans un pays marqué par des décennies de dialogues sans résultats durables et par une crise sécuritaire persistante dans l’est, la réussite de cette initiative dépendra de la capacité des parties prenantes à privilégier le consensus afin de favoriser la stabilité et une paix durable.



