Économie

‎Union européene : La riposte anti-Chine

‎Les commissaires européens se réunissent ce vendredi 29 mai afin d’examiner plusieurs mesures destinées à limiter les importations massives de produits manufacturés chinois sur le marché européen. Cette initiative intervient dans un contexte de forte inquiétude face à la concurrence croissante exercée par Pékin sur de nombreux secteurs industriels stratégiques.

‎Voitures électriques, composants industriels, dispositifs médicaux : les produits chinois séduisent par leurs prix particulièrement compétitifs, parfois jusqu’à 40 % inférieurs à ceux des produits européens. Une situation qui alimente les craintes d’un affaiblissement progressif de l’industrie du continent. Cette montée des importations est désormais qualifiée de « China Shock 2.0 », en référence à la vague d’importations chinoises qui avait profondément fragilisé l’industrie américaine dans les années 2000, notamment dans la région de la Rust Belt. Les États membres de l’Union européenne redoutent aujourd’hui un scénario similaire en Europe. ‎Pour répondre à cette menace économique, Bruxelles privilégie toutefois une approche plus ciblée que celle des États-Unis sous l’administration Trump, qui avait largement recours aux droits de douane. Selon plusieurs sources proches du dossier, l’Union européenne souhaite éviter une détérioration brutale de ses relations commerciales avec la Chine.
‎Les discussions portent ainsi sur la mise en place de quotas d’importation ou encore de taux préférentiels appliqués à certains produits jugés sensibles. Ces mesures permettraient de protéger rapidement des secteurs stratégiques tout en maintenant un certain équilibre diplomatique avec Pékin. ‎La vigilance européenne ne se limite pas aux seuls États membres. Les responsables européens observent également avec attention l’influence croissante de la Chine dans certains pays candidats à l’intégration européenne. La Serbie, notamment, est devenue un partenaire important de Pékin, multipliant les achats d’équipements militaires chinois et bénéficiant d’investissements massifs dans des domaines comme l’intelligence artificielle, la robotique et les véhicules électriques. ‎Face à cette expansion économique et technologique chinoise, l’Union européenne cherche désormais à renforcer sa souveraineté industrielle et à réduire sa dépendance envers le géant asiatique, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI