Inde : Polémique autour des listes électorales
La Commission électorale indienne est au cœur d’une nouvelle controverse. Une enquête publiée le 23 septembre 2026 par The Indian Express révèle que deux des trois commissaires électoraux auraient, à plusieurs reprises, contesté certaines décisions liées à la révision des listes électorales. L’opposition et plusieurs organisations dénoncent, de leur côté, le risque d’exclusion d’électeurs légitimes.
L’affaire concerne la « Special Intensive Revision » (SIR), une vaste opération de révision des listes électorales lancée en 2025. Selon The Indian Express, plus de 130 millions de noms ont été retirés des projets de listes dans 30 États et territoires de l’Union. La Commission précise toutefois qu’il s’agit d’une procédure destinée notamment à identifier les doublons, les personnes décédées, celles ayant déménagé ou les électeurs jugés inéligibles.
L’enquête de The Indian Express fait état d’au moins 14 objections formulées en dix mois par les commissaires Sukhbir Singh Sandhu et Vivek Joshi. Ils auraient notamment contesté certaines procédures concernant la suppression de noms et l’accès aux données électorales, qualifiant certaines mesures d’« illégales » ou « non autorisées ».
La Commission électorale rejette toutefois l’idée d’une division interne. Dans sa réponse, elle affirme que les décisions prises au cours de la dernière année, y compris celles liées à la SIR, ont été adoptées à l’unanimité. Elle soutient également que les divergences exprimées au cours des délibérations font partie du fonctionnement normal d’une institution.
Cette controverse intervient alors que plusieurs partis d’opposition accusent depuis des mois la Commission de manquer de transparence dans la révision des listes. Ils redoutent que des électeurs légalement inscrits soient exclus du scrutin. La question est particulièrement sensible dans plusieurs États.
À Delhi, par exemple, plus de 47 millions de noms ont été retirés du projet de liste et des millions d’électeurs ont reçu des notifications leur demandant de justifier leur inscription. La Commission affirme pour sa part que la SIR vise à garantir des listes électorales fiables et à empêcher notamment l’inscription de personnes inéligibles, parmi lesquelles des migrants en situation irrégulière. La controverse place ainsi l’ECI face à un double enjeu : assurer la fiabilité des listes électorales tout en garantissant qu’aucun électeur remplissant les conditions légales ne soit privé de son droit de vote, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI