Société

Île Maurice : Le couvre-feu prolongé face aux émeutes

Confronté à plusieurs jours de violences, le gouvernement mauricien a prolongé le couvre-feu nocturne jusqu’à vendredi matin. Les émeutes, déclenchées par les pénuries d’eau et la hausse du coût de la vie, ont entraîné des arrestations, des dégâts matériels et la suspension des cours.

La tension reste vive à l’île Maurice. Face aux violences qui ont touché plusieurs localités, les autorités ont décidé de maintenir le couvre-feu nocturne jusqu’à vendredi matin. La mesure, annoncée mardi par le Premier ministre Navin Ramgoolam, intervient après des manifestations contre les difficultés d’approvisionnement en eau et le coût élevé de la vie, qui ont dégénéré en émeutes.

Une fusillade accentue les tensions

La situation s’est aggravée après qu’une femme a été blessée par balle par un policier lors d’un barrage routier. Les circonstances de cet incident restent à déterminer. Le fonctionnaire impliqué a été arrêté et placé en détention provisoire. Selon le bilan communiqué par les autorités, les violences ont été marquées par des pillages, des incendies et des dégradations de commissariats ainsi que d’équipements publics. Sept policiers auraient également été blessés. Depuis le début des troubles, au moins 94 personnes ont été arrêtées, dont 16 mineurs. Face aux risques de nouvelles violences, le ministère de l’Éducation a annoncé la suspension des cours jeudi et vendredi.

Les pénuries d’eau au cœur de la colère

Au-delà des affrontements, la crise perturbe les déplacements et le quotidien des habitants. La fermeture des transports publics et les alertes émises par plusieurs ambassades témoignent de l’ampleur des perturbations. Les difficultés persistantes d’accès à l’eau constituent l’un des principaux facteurs de mécontentement. À ces problèmes d’approvisionnement s’ajoute la pression du coût de la vie, qui alimente les revendications des manifestants.

Selon une analyste citée dans les informations disponibles, les pénuries pourraient se poursuivre jusqu’à l’arrivée de la saison des pluies, attendue en décembre. Cette perspective renforce les inquiétudes quant à une prolongation de la crise sociale. La décision de maintenir le couvre-feu vise à prévenir de nouveaux débordements. L’évolution de la situation dépendra notamment de l’amélioration de l’approvisionnement en eau et de la capacité des autorités à rétablir le calme. La reprise des cours et la levée des restrictions restent ainsi suspendues à l’évolution des tensions.