Croissance : Le Maroc mise sur l’agriculture et l’investissement
Malgré les incertitudes de l’économie mondiale, le Maroc affiche des perspectives de croissance solides. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) table sur une progression de 4,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026, soutenue par la reprise de l’activité agricole et l’accélération des investissements. Les grands chantiers d’infrastructures, notamment ceux liés à la Coupe du monde 2030, contribuent également à cette dynamique.
L’agriculture et les grands chantiers en soutien à la croissance
Après plusieurs années marquées par la sécheresse, le secteur agricole marocain amorce un net redressement. La récolte céréalière de la campagne 2025-2026 devrait atteindre près de 90 millions de quintaux. Dans ses prévisions, le HCP anticipe ainsi une hausse de 19,1 % de la valeur ajoutée agricole en 2026, faisant de cette reprise l’un des principaux moteurs de l’activité économique. L’investissement constitue un autre levier majeur. La formation brute de capital fixe devrait progresser de 9,5 %, portée notamment par les projets d’infrastructures engagés en perspective de la Coupe du monde 2030. Ces investissements visent à renforcer les équipements du pays et à soutenir son développement économique à moyen et long terme. Sur le plan budgétaire, les indicateurs restent relativement maîtrisés. Le déficit public est attendu à 3,4 % du PIB en 2026, contre 3,5 % en 2025, selon les projections du HCP.
Des perspectives encourageantes malgré les incertitudes internationales
Les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) confirment la tendance, même si elles se révèlent plus prudentes. Dans ses Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2026, l’institution prévoit une croissance de 4,5 % pour le Maroc en 2026 et une inflation limitée à 0,9 %. Ces projections contrastent avec les difficultés anticipées dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, où l’activité économique devrait reculer de 2 %, tandis que la croissance mondiale s’établirait à 3,1 %. Cette dynamique favorable n’efface toutefois pas les fragilités extérieures. Le ralentissement de la demande des principaux partenaires européens et la progression des importations, estimée à 10,5 % en valeur par le HCP, accentuent le déficit commercial du Royaume. Cette hausse des achats à l’étranger s’explique notamment par les besoins en équipements liés à l’investissement.
En parallèle, les recettes touristiques et les investissements étrangers contribuent à soutenir les ressources extérieures du pays. Entre reprise agricole, investissements dans les infrastructures et maintien des équilibres budgétaires, le Maroc entend consolider ses moteurs de croissance. L’enjeu sera désormais de transformer cet élan en gains économiques durables, tout en limitant les effets des incertitudes internationales et des déséquilibres commerciaux.



