Diplomatie Politique

Sahara : le Maroc en position de force

À deux semaines de l’échéance du mandat de la MINURSO, fixée au 31 octobre, le Maroc poursuit ses efforts diplomatiques autour de son plan d’autonomie pour le Sahara. Devant la 4e Commission de l’ONU, la Gambie a réitéré son soutien « sans faille » à l’initiative marocaine et à la souveraineté du Royaume sur le territoire. Une dynamique que Rabat entend conforter à l’approche de la célébration de l’Aïd Al Wahda, la Fête de l’Unité, instituée pour la première fois cette année.

À l’ONU, les soutiens au plan marocain se multiplient

Devant la 4e Commission de l’Assemblée générale des Nations unies, réunie à New York, la Gambie a réaffirmé son attachement à « la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc sur la région du Sahara ». Elle a également renouvelé son soutien « sans faille » au plan d’autonomie marocain, présenté comme un point de départ « crédible, réaliste et pragmatique ».

D’autres pays ont exprimé des positions similaires, notamment la Jordanie, le Liberia, le Burundi, la Dominique, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et la Guinée équatoriale. Le Liberia, membre non permanent du Conseil de sécurité, a notamment qualifié l’initiative marocaine de « base la plus réaliste et réalisable ». À Genève, le 13 octobre, l’ambassadeur marocain Omar Zniber a, de son côté, plaidé devant le Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en faveur d’une réorientation de l’aide destinée aux camps de Tindouf vers des solutions durables. « L’assistance ne doit pas financer la permanence du statut du réfugié mais les solutions qu’elle lui apporte », a-t-il déclaré. Selon le diplomate, une majorité des principaux États donateurs se seraient montrés disposés à soutenir cette approche.

La résolution 2797, un tournant diplomatique pour Rabat

Adoptée le 31 octobre 2025, la résolution 2797 du Conseil de sécurité a marqué une étape importante dans le processus politique relatif au Sahara. Elle met en avant le plan d’autonomie présenté par le Maroc et considère qu’une autonomie véritable pourrait constituer une solution des plus réalisables. L’Algérie n’a pas participé au vote. Dans le prolongement de cette résolution, les États-Unis ont contribué à relancer les discussions. Trois rounds de négociations se seraient tenus à Washington et à Madrid entre janvier et février 2026, avec la participation du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du Front Polisario, autour de la proposition marocaine. Dans son rapport de 2026, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, recommande de proroger d’un an le mandat de la MINURSO et d’examiner les possibilités d’une autonomie véritable. Ces évolutions témoignent de la place occupée par la proposition marocaine dans les discussions, même si une issue définitive au différend reste à trouver.

Rabat mise aussi sur ses relations avec le Sahel

Au-delà du dossier du Sahara, le Maroc cherche à renforcer son influence régionale, notamment auprès des pays du Sahel. Les relations entre l’Algérie et le Mali, le Niger et le Burkina Faso se sont tendues en avril 2025, après la destruction d’un drone malien près de la frontière algérienne. L’Alliance des États du Sahel (AES) avait dénoncé un « acte irresponsable » et rappelé ses ambassadeurs à Alger.

Dans ce contexte, le roi Mohammed VI a reçu à Rabat les ministres des Affaires étrangères des trois pays. Ces derniers ont exprimé leur « adhésion totale » à l’Initiative royale visant à faciliter l’accès des États du Sahel à l’océan Atlantique. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie marocaine de coopération économique et de désenclavement régional. Le 31 octobre prochain, le Royaume célébrera pour la première fois l’Aïd Al Wahda, ou Fête de l’Unité, instituée par le roi Mohammed VI. Cette date, qui coïncide avec l’échéance du mandat de la MINURSO, intervient dans un contexte où Rabat entend valoriser les avancées diplomatiques enregistrées autour de son initiative d’autonomie.