Santé

Ebola : Le Kenya renforce la surveillance après un décès

Le Kenya renforce ses mesures de surveillance sanitaire après le décès d’un ressortissant kényan atteint du virus Ebola, pris en charge à Nairobi après un séjour en République démocratique du Congo (RDC). Dans un communiqué publié mardi 6 octobre, le président William Ruto a annoncé une série de dispositions préventives et appelé la population à la vigilance.

Selon les autorités, le patient vivait en RDC avant de traverser l’Ouganda par voie terrestre, puis de prendre un avion à destination de Nairobi samedi. Malgré sa prise en charge rapide à son arrivée, il est décédé 48 heures plus tard, le lundi suivant. Le ministère kényan de la Santé insiste sur le caractère importé du cas. « Il ne s’agit pas d’une épidémie », a déclaré le secrétaire de cabinet chargé de la Santé lors d’une visite dans le principal hôpital de la capitale, où le patient est décédé. Une unité spéciale de 133 lits, isolée des autres services, y a été aménagée pour accueillir d’éventuels cas.

Les cas contacts placés sous surveillance

Les autorités sanitaires ont identifié 57 personnes ayant été en contact avec le défunt. Parmi elles, dix ont été retrouvées et placées en quarantaine, selon la présidence. Les 21 professionnels de santé qui ont pris en charge le patient font également l’objet de mesures de surveillance. Le président William Ruto a par ailleurs demandé au Comité du conseil de sécurité national d’évaluer la situation et de proposer, si nécessaire, des mesures supplémentaires. D’après les chiffres communiqués par les autorités, plus de 650 000 voyageurs ont été contrôlés et 267 échantillons analysés. À ce stade, seul celui du patient décédé s’est révélé positif.

Les contrôles renforcés aux frontières

La surveillance a également été intensifiée aux points d’entrée du pays, notamment à l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi. Des contrôles de température sont effectués sur les voyageurs en provenance d’une dizaine de pays. Toutefois, certains médecins soulignent les limites de ce dispositif. L’absence de tests rapides et la possibilité de masquer temporairement la fièvre après la prise de médicaments pourraient compliquer la détection de personnes infectées. Le risque existe également que certains voyageurs ne déclarent pas leurs symptômes.

Face à la situation, le ministère de la Santé appelle la population à limiter les rassemblements et à éviter les contacts physiques, notamment les accolades et les poignées de main. Un numéro vert a été mis en place pour faciliter le signalement des situations suspectes. Enfin, cinq hôpitaux de Nairobi ont été placés en état d’alerte, selon la présidence. Les autorités poursuivent la surveillance des personnes exposées afin de limiter tout risque de propagation du virus sur le territoire kényan.