Politique

RDC : Kévin Bozizé arrêté puis libéré à Kinshasa

Kévin Bozizé, fils de l’ancien président centrafricain François Bozizé, a été brièvement interpellé et détenu à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), par les services de renseignements militaires. Réfugié dans le pays depuis la chute du régime de son père en 2013, il affirme avoir été interrogé sur des soupçons de projet de coup d’État en Centrafrique, des accusations qu’il rejette.

L’interpellation s’est déroulée vendredi dernier aux abords des plateaux des Batéké, dans la commune de la N’sele, à Kinshasa. Selon son témoignage, des hommes se présentant comme des agents du renseignement militaire l’ont arrêté vers 10 heures avant de le conduire dans un camp pour un interrogatoire. Les questions auraient notamment porté sur une présumée association visant à préparer un coup d’État en République centrafricaine. Kévin Bozizé qualifie ces accusations de « farfelues ».

Trois nuits en détention

Après son premier interrogatoire, le fils de l’ancien chef de l’État centrafricain aurait été transféré au quartier général des renseignements généraux de la police, où il affirme avoir passé trois nuits en détention. Selon Kévin Bozizé, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et la Commission nationale pour les réfugiés seraient intervenus en faveur de sa libération. Les autorités congolaises et le HCR n’ont toutefois pas souhaité commenter l’affaire. À la suite de cet épisode, Kévin Bozizé dit craindre pour sa sécurité. Il envisage de solliciter l’asile politique dans un pays éloigné de la Centrafrique.

Une affaire sur fond de tensions politiques

Cette interpellation intervient dans un contexte marqué par les répercussions de la crise politique centrafricaine au-delà des frontières du pays. Le nom de Kévin Bozizé reste relativement peu connu en Centrafrique, contrairement à celui de son frère Jean-Francis Bozizé, recherché pour son rôle présumé dans la rébellion lancée en 2020 par leur père. L’ancien président François Bozizé, aujourd’hui en exil à Bissau, fait lui-même l’objet d’un mandat d’arrêt international, notamment pour des accusations de crimes contre l’humanité. Pour l’heure, les circonstances précises de l’interpellation de Kévin Bozizé et les éléments ayant motivé les soupçons à son encontre restent à éclaircir. Aucune explication officielle n’a été communiquée par les autorités congolaises.