Politique

Libye : Saleh évincé de la présidence du Parlement de l’Est

Le président de la Chambre des représentants libyenne, basée à Benghazi, Aguila Saleh, a été écarté de son poste après douze ans à sa tête. Une éviction qui intervient alors que l’influence du dirigeant s’effritait au profit de Saddam Haftar, fils du maréchal Khalifa Haftar.

Le Parlement libyen basé dans l’est du pays a décidé de renouveler sa direction. Lors d’un vote organisé lundi 5 octobre 2026, les députés présents se sont prononcés à une large majorité en faveur d’une recomposition de la direction de la Chambre. Al-Sahin Abdelnabi al-Obeidi, député de Tobrouk, dans le nord-est de la Libye, a été désigné pour prendre les commandes de l’institution. Cette décision met fin aux douze années de présidence d’Aguila Saleh, en fonction depuis 2014. L’homme politique était considéré comme l’un des principaux soutiens du maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l’est de la Libye ainsi qu’une partie du sud du pays.

Une influence en perte de vitesse

L’éviction d’Aguila Saleh intervient dans un contexte de recomposition au sein du camp de l’Est. Ces derniers mois, son influence politique semblait s’affaiblir, tandis que Saddam Haftar, fils du maréchal et figure montante du clan, affichait des ambitions croissantes sur la scène politique. Pour Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye, cette rupture s’explique notamment par les divergences sur l’évolution politique du pays. Aguila Saleh était associé à une position hostile aux changements souhaités par certains acteurs internationaux, alors que Saddam Haftar chercherait à tirer profit des initiatives diplomatiques, notamment américaines. Selon le spécialiste, cette éviction constitue une « preuve de la puissance » grandissante de Saddam Haftar, sans pour autant signifier une victoire politique définitive. D’autres étapes restent à franchir, notamment pour obtenir une reconnaissance politique plus large avant d’éventuelles élections législatives.

Aguila Saleh, de son côté, rejette la validité de la procédure ayant conduit à son éviction. Cette contestation pourrait alimenter les tensions au sein du Parlement de l’Est, dans un pays toujours profondément divisé entre plusieurs centres de pouvoir.