La Cour pénale internationale (CPI) a rendu publics, lundi 5 octobre 2026, deux mandats d’arrêt visant deux hauts responsables talibans en charge de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur en Afghanistan. Les mandats avaient été délivrés en septembre 2025.
La Chambre préliminaire de la CPI estime qu’il existe des motifs raisonnables de considérer les deux responsables comme pénalement responsables de crimes de persécution fondée sur le genre. Les accusations portent notamment sur les politiques ayant restreint l’accès des filles et des femmes à l’éducation. Selon la Cour, les mesures mises en œuvre sous l’autorité des Taliban ont également porté atteinte à plusieurs libertés fondamentales des femmes, notamment la liberté de circulation, d’expression, de pensée, de conscience et de religion. Les filles ont notamment été privées d’accès à l’enseignement au-delà de l’âge de 12 ans.
Les deux responsables sont soupçonnés d’avoir contribué à l’application de ces politiques discriminatoires, notamment par des actes d’ordre, d’incitation ou de sollicitation liés aux persécutions. Ces mandats interviennent alors que le chef suprême des Taliban ainsi que le président de la Cour suprême afghane font déjà l’objet de mandats d’arrêt délivrés par la CPI. Les autorités talibanes ont rejeté les décisions de la Cour. Leur principal porte-parole à Kaboul a affirmé que le gouvernement afghan reconnaissait l’autorité de la charia islamique et de ses propres tribunaux, plutôt que celle de la CPI.