Cameroun : L’afflux de déplacés met les hôpitaux de Mora sous pression
Après les récentes attaques dans l’Extrême-Nord du Cameroun, des centaines d’habitants ont fui les zones touchées par l’insécurité. À Mora, cet afflux de déplacés se traduit par une hausse des consultations et une saturation des services hospitaliers.
L’insécurité continue de peser sur les populations et les structures sanitaires de l’Extrême-Nord du Cameroun. Après l’attaque jihadiste survenue dans la nuit du 16 au 17 septembre à Makary, ayant fait 15 morts, plusieurs centaines de personnes ont quitté la zone en direction notamment de Kousseri. À Mora, localité située à proximité de la frontière nigériane, les arrivées de populations déplacées se multiplient également après les attaques dans les villages environnants. Cette situation exerce une forte pression sur l’hôpital de district de Mora. Dimanche 20 septembre, le service de pédiatrie était déjà saturé. L’établissement, qui dispose de 18 lits, accueillait 31 enfants, dont plusieurs étaient traités contre le paludisme. Dix matelas supplémentaires ont dû être installés pour faire face à l’afflux.
La hausse de la fréquentation concerne également les urgences et le bloc opératoire. Les équipes prennent notamment en charge des urgences obstétricales, des accidents de la circulation et d’autres cas nécessitant une intervention rapide. Parmi les patients figurent de nombreux déplacés arrivés sans ressources. Certains expliquent avoir fui leurs villages sans pouvoir emporter leurs biens. Pendant la période de forte transmission du paludisme, les soins sont dispensés gratuitement aux déplacés ainsi qu’à leurs enfants âgés de 0 à 15 ans.
L’insécurité affecte également le fonctionnement des centres de santé implantés dans les villages. Certains sont désormais difficilement opérationnels en raison des risques sécuritaires. Le plateau technique de l’hôpital de Mora avait pourtant été renforcé deux ans plus tôt avec la construction d’un bloc opératoire et d’un bâtiment postopératoire par Médecins sans frontières (MSF). Mais ces infrastructures restent insuffisantes face à une population estimée à plus de 309 000 habitants. Pour soutenir les équipes locales, MSF a déployé 15 personnels médicaux supplémentaires afin de répondre à l’afflux croissant de patients, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI