Mauritanie : La restriction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans fait débat
Le gouvernement mauritanien envisage de limiter l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans sans autorisation parentale. Présentée en Conseil des ministres le 16 septembre, la mesure vise à mieux protéger les mineurs, mais suscite déjà des réactions à Nouakchott.
En Mauritanie, le gouvernement veut renforcer la protection des enfants face aux risques liés aux réseaux sociaux. Le projet présenté en Conseil des ministres prévoit de restreindre l’accès aux plateformes aux moins de 16 ans, sauf autorisation de leurs parents. La proposition prévoit également de limiter les contenus destinés aux mineurs, les publicités ciblées ainsi que les messages provenant d’utilisateurs inconnus. Une initiative qui intervient alors que les smartphones occupent une place importante dans le quotidien de nombreux jeunes Mauritaniens.
Pour certains parents et utilisateurs, la mesure pourrait contribuer à réduire l’exposition des enfants aux dangers du numérique. Le blogueur Dia Hamadou Alhousseinou estime notamment qu’il est nécessaire de trouver des solutions pour encadrer l’utilisation des réseaux sociaux par les mineurs. L’expert en cybersécurité Samba Diop souligne, de son côté, les risques auxquels les enfants peuvent être confrontés, notamment le cyberharcèlement, les contenus inappropriés et la dépendance aux écrans. Il estime toutefois que la protection des mineurs ne devrait pas se limiter à l’interdiction. Selon lui, les parents, les plateformes numériques et les enfants ont chacun un rôle à jouer : accompagner les jeunes, renforcer leur éducation numérique et les responsabiliser dans leur utilisation des réseaux sociaux.
La perspective d’une restriction suscite également des inquiétudes. En Mauritanie, les réseaux sociaux constituent d’importants moyens de communication et d’expression. Pour Dia Hamadou Alhousseinou, l’application de la mesure devra donc être encadrée afin qu’elle ne devienne pas un moyen de limiter la liberté d’expression. Le débat reste ainsi ouvert entre la nécessité de protéger les mineurs contre les risques numériques et celle de leur permettre d’accéder aux outils numériques dans un cadre sécurisé et responsable, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI