Mali-Algérie : Assimi Goïta contraint de renouer avec Alger après les revers militaires
Après quinze mois de tensions diplomatiques, le Mali et l’Algérie ont officiellement rétabli leurs relations le 10 juillet 2026. Cette réconciliation, annoncée simultanément à Bamako et à Alger, intervient après une série de revers militaires dans le nord du Mali. Selon une analyse publiée le 18 juillet 2026 par RFI, la dégradation de la situation sécuritaire, la médiation régionale et l’influence de la Russie ont accéléré ce spectaculaire rapprochement.
Le Mali a opéré un revirement diplomatique majeur en renouant officiellement avec l’Algérie après plus d’un an de relations particulièrement tendues. Depuis le début de la crise, Bamako avait fermé son espace aérien à l’Algérie, rappelé son ambassadeur et accusé Alger de soutenir des groupes armés actifs dans le nord malien. Le 10 juillet 2026, les autorités des deux pays ont toutefois annoncé, presque simultanément, la reprise immédiate de leur coopération diplomatique. Ce changement de cap marque une inflexion importante dans la stratégie du président de la transition, le général Assimi Goïta, vis-à-vis de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune.
Cette normalisation intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant pour Bamako. Le 25 avril 2026, une série d’attaques a profondément ébranlé les autorités maliennes. À Kati, le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué, tandis que Kidal est tombée aux mains d’une coalition formée par le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par les combattants russes d’Africa Corps, se sont retrouvées encerclées avant de quitter leurs positions. Quelques semaines plus tard, le 4 juillet 2026, une nouvelle offensive à Anéfis a confirmé la fragilité du dispositif militaire malien. Un hélicoptère a été abattu et les renforts partis de Gao n’ont pu rejoindre les combats. Selon l’analyse de RFI, l’appui des autorités algériennes aurait contribué à éviter une aggravation de la situation, renforçant l’idée qu’une stabilisation durable du nord du Mali reste difficile sans une coopération étroite avec Alger.
L’analyse souligne également le rôle joué par Moscou dans ce rapprochement. Confrontée aux difficultés rencontrées par ses alliés sur le terrain, la Russie aurait encouragé Bamako à renouer le dialogue avec Alger afin de préserver ses intérêts stratégiques au Sahel. Lors de sa visite à Niamey, le 8 juillet 2026, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, aurait plaidé en faveur d’une reprise des échanges entre Assimi Goïta et Abdelmadjid Tebboune. Le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, déjà réconcilié avec Alger depuis février 2026, aurait également facilité cette médiation.
Au-delà de la reprise des relations diplomatiques, cette détente pourrait ouvrir une nouvelle phase politique au Mali. Selon RFI, le rapprochement avec Alger pourrait favoriser une reprise des discussions avec les groupes touaregs et relancer l’Accord d’Alger, longtemps écarté par les autorités de transition. Le soutien affiché par le Conseil supérieur des Imghads et alliés (CSIA) à cette réconciliation constitue un premier signal en faveur d’un retour au dialogue dans le nord du pays. Après plusieurs années d’une stratégie essentiellement militaire, Bamako semble désormais privilégier une approche combinant coopération régionale et dialogue politique pour tenter de restaurer durablement la stabilité.



