L’Union européenne interdit l’or soudanais pour freiner le financement des conflits
L’Union européenne renforce sa pression sur les acteurs du conflit au Soudan. Le Conseil de l’Union européenne a décidé, lundi 13 juillet 2026, d’interdire l’importation, l’achat et le commerce de l’or en provenance du Soudan. Cette mesure, accompagnée d’un embargo sur le mercure et le cyanure destinés à l’exploitation aurifère, vise à réduire les ressources financières qui alimentent la guerre opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR).
Bruxelles franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de sanctions contre le Soudan. Le Conseil de l’Union européenne a adopté, le lundi 13 juillet 2026, un ensemble de mesures restrictives interdisant l’importation, l’achat et le transfert d’or soudanais sur le marché européen. L’institution prohibe également l’exportation vers le Soudan de mercure et de cyanure, deux substances indispensables au traitement du minerai d’or. À travers cette décision, l’Union européenne entend assécher les principales sources de financement du conflit qui oppose, depuis avril 2023, l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide. Dans un communiqué, le Conseil de l’Union européenne souligne que « l’or est devenu une importante source de revenu alimentant le conflit au Soudan ».
Le Soudan figure parmi les principaux producteurs d’or du continent africain. Depuis le déclenchement de la guerre, les ressources minières constituent un enjeu stratégique majeur pour les deux camps. Les Forces de soutien rapide (FSR), dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemetti », contrôlent plusieurs mines situées au Darfour et au Kordofan, tandis que l’armée régulière conserve la maîtrise des principaux sites aurifères de l’est et du nord du pays. Selon les estimations disponibles, 31 tonnes d’or ont été exportées légalement en 2024, alors qu’environ 40 tonnes auraient quitté clandestinement le territoire soudanais. Une grande partie de ce métal précieux transite par l’Égypte, le Tchad et la Libye avant d’être acheminée vers Dubaï, principal centre mondial du raffinage et du commerce de l’or.
Si cette initiative traduit un durcissement de la position européenne, plusieurs spécialistes estiment que son impact restera limité. L’Union européenne représente moins de 10 % du marché mondial de l’or, ce qui réduit la portée économique de cette interdiction. Les experts rappellent également que près de 90 % de l’or exporté du Soudan transite par Dubaï, où les mécanismes de traçabilité demeurent insuffisants. Pour le chercheur Cameron Hudson, ces sanctions auront surtout une portée symbolique tant que les principaux centres de transit, notamment les Émirats arabes unis, ne feront pas l’objet de mesures similaires.