Libye : Les ex-détenus de la flottille pour Gaza brisent enfin le silence
Trois semaines après leur libération, les dix membres de la flottille terrestre pour Gaza arrêtés dans l’est de la Libye livrent leur témoignage. Ils décrivent une détention d’un mois marquée par des conditions difficiles, des transferts sous surveillance et d’importantes pressions psychologiques.
Les dix membres de la flottille terrestre pour Gaza sortent du silence après leur libération. Arrêtés fin mai dans l’est de la Libye alors qu’ils tentaient d’acheminer une aide humanitaire vers la bande de Gaza, ils dénoncent les conditions de leur détention ainsi que les circonstances de leur arrestation.
Selon leurs témoignages, les militants ont été retenus durant près d’un mois après leur interception par les forces de sécurité de l’est libyen. Leur mission s’inscrivait dans une initiative humanitaire destinée à soutenir les populations civiles de Gaza.
Le 24 mai, le convoi progresse sur la route côtière en direction de l’est du pays. Les organisateurs indiquent avoir mené plusieurs mois de discussions avec le Croissant-Rouge libyen afin d’obtenir les autorisations nécessaires pour poursuivre leur trajet. Quelques jours avant leur arrivée, ils affirment toutefois avoir perdu tout contact avec leurs interlocuteurs.
À l’approche de Syrte, ville située entre les zones d’influence de l’est et de l’ouest libyen, les dix militants sont interceptés. D’après leurs récits, un important dispositif de sécurité composé de véhicules blindés et d’hommes armés bloque leur progression avant de procéder à leur arrestation.
Les participants sont ensuite conduits dans un centre de détention pour migrants où ils restent enfermés pendant deux jours. Les autorités leur reprochent une entrée illégale sur le territoire libyen. Une accusation contestée par les organisateurs, qui assurent que tous les membres disposaient de passeports et de visas en règle.
Après cette période d’isolement, les détenus pensent retrouver la liberté. Les autorités leur annoncent avoir contacté leurs représentations diplomatiques et leur indiquent qu’ils seront prochainement transférés. Convaincus de rejoindre Tripoli, les militants découvrent en vol que leur destination est finalement Benghazi, siège des autorités de l’est libyen.
À leur arrivée, un nouveau dispositif policier les prend immédiatement en charge. Les anciens détenus décrivent cette séquence comme un important traumatisme psychologique, affirmant avoir été maintenus sous étroite surveillance avant leur libération définitive.
Désormais libres, les membres de la flottille terrestre pour Gaza disent vouloir rendre publiques les conditions de leur captivité et les circonstances de leur arrestation afin de témoigner de leur mission humanitaire en direction de la bande de Gaza.