Société

Israël adopte une loi relançant la polémique sur la conscription

Le Parlement israélien a adopté une loi fondamentale consacrant l’étude de la Torah comme une valeur essentielle de l’État. Le texte ravive la controverse sur l’exemption du service militaire accordée aux juifs ultra-orthodoxes, à quelques mois des élections législatives.

Le Parlement israélien a adopté, lundi 13 juillet, en deuxième et troisième lectures, une loi fondamentale affirmant que « l’étude de la Torah est une valeur fondamentale du patrimoine du peuple juif et de l’État d’Israël ». Le texte a été approuvé par 63 députés contre 52 et suscite une vive controverse autour de l’exemption militaire des juifs ultra-orthodoxes.

Selon les opposants, cette loi pourrait renforcer les arguments des ultra-orthodoxes pour continuer à être dispensés du service militaire obligatoire. Ces derniers estiment que leur engagement quotidien dans l’étude de la Torah contribue à la préservation de l’État d’Israël, justifiant ainsi leur non-participation aux obligations militaires.

Depuis l’attaque du 7 octobre 2023 et la mobilisation massive des réservistes, le débat s’est intensifié. Face aux besoins croissants de l’armée israélienne en effectifs, une partie de l’opinion publique réclame que les ultra-orthodoxes soient également soumis à la conscription afin de partager l’effort national.

L’adoption de cette loi a provoqué une forte opposition au sein de la Knesset. L’ancien chef d’état-major et figure de l’opposition, Gadi Eisenkot, a accusé le gouvernement d’utiliser les derniers jours de la session parlementaire pour faire adopter des textes qu’il juge défavorables à l’armée.

La contestation s’étend également à la coalition gouvernementale. Le député Dan Illouz, qui a quitté le Likoud, estime que cette législation permettra, dans les faits, de légitimer l’exemption du service militaire des ultra-orthodoxes.

L’adoption de cette loi intervient dans un contexte politique sensible. Le Premier ministre Benyamin Netanyahu cherche à consolider son alliance avec les partis ultra-orthodoxes, dont le soutien est essentiel au maintien de sa majorité. Ces formations avaient récemment pris leurs distances avec le gouvernement en raison des discussions autour du projet de loi.

Les élections législatives israéliennes sont prévues le 27 octobre. Le soutien des partis religieux pourrait s’avérer déterminant pour permettre à Benyamin Netanyahu de former une nouvelle coalition gouvernementale après le scrutin.