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Botswana : Un couple de femmes défie l’interdiction du mariage homosexuel

Pour la première fois dans l’histoire du Botswana, un couple de même sexe engage une bataille judiciaire contre les dispositions légales qui excluent les couples homosexuels du mariage. Bonolo Selelo et Tsholo-felo Kumile ont saisi la Haute Cour de Gaborone, ce mardi 14 juillet 2026, afin de contester la conformité de cette interdiction avec la Constitution du pays. Cette procédure pourrait marquer une nouvelle étape dans le débat sur les droits des personnes LGBTQ+ en Afrique australe.

La justice botswanaise examine un recours inédit introduit par les deux femmes, qui réclament la reconnaissance officielle de leur union. En couple depuis trois ans, Bonolo Selelo et Tsholo-felo Kumile avaient souhaité se marier l’année dernière. Leur demande avait toutefois été rejetée par les autorités chargées de l’enregistrement des mariages, au motif que la législation actuelle définit le mariage comme une union exclusivement conclue entre un homme et une femme.

Face à ce refus, les deux Botswanaises ont décidé de saisir la Haute Cour du pays pour contester l’interprétation de la loi. Leur objectif n’est pas seulement d’obtenir une reconnaissance personnelle, mais également de faire examiner la compatibilité des textes actuels avec les principes constitutionnels.

L’une des plaignantes, Bonolo Selelo, est avocate. Elle soutient que l’interdiction du mariage homosexuel repose sur une lecture restrictive de la législation. Selon leur argumentation, plusieurs dispositions juridiques nationales ne distinguent pas les citoyens selon leur genre, ce qui pourrait remettre en cause l’exclusion des couples de même sexe du mariage.

Les audiences ouvertes ce mardi 14 juillet 2026 doivent se poursuivre jusqu’au mercredi 15 juillet. La Haute Cour ne devra pas directement décider de légaliser ou non le mariage homosexuel, mais déterminer si la loi actuelle respecte ou non la Constitution botswanaise.

Cette affaire suscite déjà de nombreuses réactions dans le pays. Plusieurs organisations religieuses et une association de femmes attachées aux traditions locales mènent une campagne d’opposition contre cette initiative judiciaire. Elles estiment que la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe pourrait affecter les valeurs culturelles du Botswana.

De leur côté, les deux requérantes défendent leur démarche au nom de l’égalité devant la loi et de la protection des droits individuels.

Le Botswana avait franchi une étape importante en 2019 en dépénalisant les relations entre personnes de même sexe. Le pays rejoint ainsi plusieurs États africains, notamment le Lesotho, le Mozambique, les Seychelles, l’Angola, Maurice et la Namibie, qui ont également supprimé les sanctions pénales visant l’homosexualité.

Sur la question du mariage, l’Afrique du Sud reste toutefois le seul pays du continent africain à avoir légalisé le mariage homosexuel depuis 2006. La décision attendue de la justice botswanaise pourrait donc avoir une portée majeure dans l’évolution du débat sur les droits LGBTQ+ en Afrique.