Santé

‎Ebola en RDC: Réouverture de l’aéroport de Bunia à l’épicentre de l’épidémie

Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont annoncé, mardi, la réouverture de l’aéroport de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri et principal foyer de l’actuelle épidémie d’Ebola. Cette décision intervient après dix jours de fermeture destinés à renforcer les mesures de surveillance sanitaire face à la propagation de la maladie.

‎Le 23 mai dernier, les autorités congolaises avaient suspendu l’ensemble des vols commerciaux à destination et en provenance de Bunia. Seuls les vols sanitaires et humanitaires avaient été autorisés à poursuivre leurs activités sous des conditions strictes. ‎Selon un communiqué du ministère des Transports, la reprise des opérations aériennes a été décidée à l’issue d’une évaluation du dispositif de surveillance de l’épidémie. Les autorités estiment que les conditions nécessaires sont désormais réunies pour assurer une reprise progressive et sécurisée du trafic aérien.

Renforcement des contrôles sanitaires
‎‎Afin de limiter les risques de propagation du virus, plusieurs mesures de prévention seront appliquées dans les infrastructures aéroportuaires. Les voyageurs seront notamment soumis à une prise systématique de température et à un lavage obligatoire des mains avant l’embarquement. ‎Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, avait précédemment souligné l’importance de mettre en place des mécanismes de contrôle efficaces pour garantir la sécurité sanitaire des passagers.

‎Une épidémie sous haute surveillance
‎La RDC a officiellement déclaré cette nouvelle épidémie d’Ebola le 15 mai. Il s’agit de la dix-septième flambée enregistrée dans ce pays d’Afrique centrale, qui compte plus de 100 millions d’habitants. ‎Face à l’évolution de la situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché une alerte sanitaire internationale. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est rendu en Ituri le week-end dernier afin d’évaluer la réponse sanitaire sur le terrain. ‎Selon les données publiées par l’Africa CDC, l’agence de santé publique de l’Union africaine, 1 139 cas suspects ont été recensés à la date du 30 mai, dont 246 décès. De leur côté, les autorités sanitaires congolaises ont confirmé 321 cas de contamination et 48 décès après analyses en laboratoire.

‎Le virus Bundibugyo au cœur de la flambée
‎‎L’épidémie actuelle est causée par le virus Bundibugyo, une souche du virus Ebola présente dans plusieurs provinces de la RDC ainsi qu’en Ouganda voisin. Dans ce pays, onze cas, dont un décès, ont déjà été enregistrés selon les autorités sanitaires ougandaises. ‎Contrairement à la souche Zaïre, responsable de la majorité des précédentes épidémies et pour laquelle un vaccin homologué existe, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est encore disponible contre le virus Bundibugyo. L’Africa CDC a toutefois annoncé l’arrivée d’un vaccin potentiel d’ici la fin de l’année, tandis que l’OMS travaille actuellement à la mise en place d’essais cliniques.
‎‎Depuis son identification il y a près d’un demi-siècle, le virus Ebola a causé la mort de plus de 15 000 personnes à travers le continent africain. En RDC, l’épidémie la plus meurtrière s’est déroulée entre 2018 et 2020, faisant près de 2 300 morts sur environ 3 500 cas recensés. La réouverture de l’aéroport de Bunia constitue ainsi une étape importante dans la gestion de la crise sanitaire, alors que les autorités poursuivent leurs efforts pour contenir la propagation du virus et renforcer les dispositifs de prévention dans les zones affectées.

Norbert MEGAN YAOVI