Sahara occidental : Alger réaffirme sa position
L’Algérie a clarifié sa position sur le dossier du Sahara occidental, un sujet au cœur de fortes tensions diplomatiques régionales. Dans un discours prononcé dimanche à l’occasion de la Journée mondiale de l’Afrique, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, est revenu sur l’évolution récente des discussions en cours, menées sous l’égide des Nations unies et des États-Unis.

Alger s’est dite satisfaite de la dynamique actuelle des négociations, tout en réaffirmant ses positions de principe. « L’Algérie salue favorablement le processus de négociation lancé en début d’année », a déclaré le chef de la diplomatie algérienne, appelant à une issue « juste et définitive » du conflit. L’Algérie, partie prenante des discussions aux côtés du Maroc, du Front Polisario, de la Mauritanie ainsi que des médiateurs américain et onusien, insiste sur la nécessité d’un règlement respectant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Une ligne rouge que Alger refuse de voir remise en cause, notamment par le plan d’autonomie proposé par le Maroc. Le ministre a également rappelé le rôle des pays voisins dans le processus, soulignant que l’Algérie et la Mauritanie participent en tant qu’observateurs et États concernés par la stabilité régionale, une manière de nuancer leur implication directe dans les négociations, rapporte Rfi.
Une position entre ouverture et fermeté
Si le discours algérien semble marquer un ton plus conciliant vis-à-vis du processus en cours, les analystes estiment que les fondamentaux de la position d’Alger restent inchangés. Selon le chercheur Ricardo Fabiani, de l’International Crisis Group, l’Algérie continue de défendre fermement le principe d’autodétermination, tout en cherchant à maintenir un dialogue avec Washington. Pour l’expert, cette posture traduit une volonté d’équilibre : préserver les relations diplomatiques avec les États-Unis tout en maintenant une ligne rouge sur le fond du dossier. Il estime toutefois que les divergences persistantes entre les parties maintiennent les négociations dans une impasse.
Des discussions toujours bloquées
Malgré les efforts diplomatiques engagés ces derniers mois, les pourparlers restent largement au point mort. Les divergences entre les positions des différentes parties, notamment sur la base des discussions et le statut futur du territoire, continuent de freiner toute avancée concrète vers un compromis durable.
Norbert MEGAN YAOVI