Économie

BAD : L’Afrique freinée par la crise au Moyen-Orient

‎La Banque africaine de développement (BAD) a revu légèrement à la baisse ses prévisions de croissance économique pour le continent africain. Dans son rapport annuel publié mardi à Brazzaville, l’institution financière prévoit une croissance de 4,2 % en 2026 contre 4,4 % enregistrés l’année précédente, en raison notamment des tensions persistantes au Moyen-Orient.

‎Selon la BAD, cette situation géopolitique entraîne une hausse des coûts de l’énergie, des produits alimentaires et des engrais, avec des conséquences directes sur les économies africaines. Malgré ce ralentissement, l’Afrique demeure l’une des régions les plus dynamiques au monde, aux côtés de l’Asie, devant l’Europe et l’Amérique latine. L’institution panafricaine souligne toutefois que les performances économiques du continent ont été soutenues cette année par une amélioration des politiques macroéconomiques, une progression de la production agricole ainsi qu’une hausse des prix des matières premières. ‎La BAD reste optimiste pour l’année 2027, avec une croissance attendue à 4,4 %, à condition que les perturbations liées à la crise au Moyen-Orient ne dépassent pas une période de deux à trois mois. ‎«L’impact de ce choc sur la croissance et la stabilité macroéconomique dépendra de la durée des perturbations des chaînes d’approvisionnement et de leurs effets sur les prix mondiaux de l’énergie et des engrais », précise le rapport. ‎L’Afrique de l’Est, considérée comme la région la plus dynamique du continent, devrait être particulièrement affectée. La hausse des coûts des importations et de l’énergie pourrait accentuer les risques liés à l’insécurité alimentaire et ralentir davantage l’activité économique. ‎Le rapport a été présenté à l’occasion des assemblées annuelles de la BAD organisées à Brazzaville. Cette rencontre réunit plusieurs responsables politiques, investisseurs et acteurs économiques autour des enjeux du financement du développement en Afrique.

‎Toutefois, l’épidémie d’Ebola signalée dans la République démocratique du Congo voisine suscite certaines inquiétudes parmi les participants. La BAD et les autorités congolaises ont néanmoins rassuré les délégations en affirmant qu’aucun cas n’a été détecté sur le territoire hôte et que des mesures de surveillance sont en cours conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). ‎Le président de la BAD, Sidi Ould Tah, qui a pris ses fonctions en septembre dernier, fait de la mobilisation des ressources financières africaines une priorité de son mandat. À travers son initiative baptisée NAFAD, il ambitionne de renforcer le financement du développement du continent dans un contexte marqué par la baisse de l’aide publique internationale. Pour la banque, atteindre une croissance durable et inclusive nécessitera une hausse importante des investissements. Sidi Ould Tah estime d’ailleurs que l’Afrique doit maintenir un taux de croissance supérieur à 7 % sur plusieurs décennies afin de créer suffisamment d’emplois et réduire durablement la pauvreté.