Politique

‎Zambie : Forte mobilisation pour une présidentielle sous tension

‎Près de 8,7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes ce jeudi en Zambie pour élire leur président. Le scrutin se déroule dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie, les difficultés économiques et des tensions politiques.

‎Les bureaux de vote ont ouvert à 6 heures, heure locale, et doivent rester accessibles pendant douze heures. Dès les premières heures de la matinée, de longues files d’attente se sont formées dans plusieurs centres de vote, notamment à Lusaka. Malgré le froid matinal, de nombreux électeurs ont tenu à être parmi les premiers à accomplir leur devoir civique. L’ambiance est globalement restée calme et pacifique. ‎Le président sortant, Hakainde Hichilema, candidat de l’UPND, sollicite un second mandat. Il fait face à 13 autres candidats, dont son principal rival, Brian Mundubile, ancien ministre sous le défunt président Edgar Lungu et figure d’une coalition de l’opposition.

‎La situation économique constitue l’un des principaux enjeux de cette élection. Le bilan de Hichilema est notamment défendu à travers les efforts de restructuration de la dette et la maîtrise de l’inflation. Mais pour une grande partie de la population, les difficultés quotidiennes restent importantes. La cherté de la vie et le chômage alimentent le mécontentement, alors que plus de 70 % des Zambiens vivraient avec moins de trois dollars par jour.

‎Dans les bureaux de vote, plusieurs électeurs insistent toutefois sur l’importance de participer au processus démocratique. Pour certains, le vote représente un moyen de faire entendre leur voix et de contribuer à l’avenir du pays. La jeunesse s’est également mobilisée, plusieurs électeurs ayant rejoint les centres de vote avant l’aube. ‎L’opposition, de son côté, dénonce des restrictions qu’elle attribue au gouvernement et estime que les conditions du scrutin ne garantissent pas une élection pleinement libre et équitable.

‎Pour renforcer la crédibilité du processus, l’Union européenne a déployé une mission d’observation d’environ 100 personnes à travers le pays. Dirigée par l’eurodéputé Michael McNamara, elle doit suivre le déroulement du scrutin et formuler ses observations. ‎Les premiers résultats provisoires sont attendus lundi, selon le calendrier de la Commission électorale. Un second tour sera organisé si aucun candidat ne parvient à obtenir plus de 50 % des suffrages. ‎Au-delà du résultat, la participation constitue un enjeu majeur de cette présidentielle. À Lusaka comme dans d’autres localités, les électeurs affichent leur volonté de prendre part au choix de leur prochain dirigeant, dans l’espoir d’un avenir marqué par davantage de stabilité et de prospérité.

Norbert MEGAN YAOVI