Une délégation transpartisane de parlementaires japonais est attendue à Pékin à partir de ce lundi 24 août pour une visite de quatre jours. Ce déplacement intervient après plusieurs mois de tensions entre la Chine et le Japon et vise à maintenir un canal de dialogue entre les deux pays.
Composée d’élus de la majorité comme de l’opposition, la délégation japonaise doit tenter de rencontrer des responsables du Parti communiste chinois. Il s’agit d’une première visite parlementaire de ce type depuis la forte dégradation des relations bilatérales en novembre dernier.
Les tensions se sont notamment aggravées après des déclarations de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, qui avait évoqué la possibilité d’une intervention de Tokyo en cas d’attaque ou de blocus chinois contre Taïwan. Pékin avait vivement dénoncé cette position, considérée comme une ligne rouge.
Depuis, la Chine a renforcé la pression sur le Japon, notamment à travers des restrictions commerciales et des appels à limiter les voyages vers l’archipel. De son côté, Tokyo poursuit le renforcement de ses capacités militaires et consolide ses alliances de sécurité dans la région. La délégation parlementaire ne dispose toutefois d’aucun mandat officiel du gouvernement japonais. Pour les observateurs, sa mission consiste donc davantage à préserver le dialogue qu’à négocier directement un rapprochement entre les deux capitales.
Cette initiative pourrait néanmoins ouvrir la voie à d’autres échanges. L’ancien ministre japonais des Affaires étrangères Takeshi Iwaya est attendu à Pékin en septembre, tandis qu’une délégation d’entrepreneurs japonais pourrait s’y rendre d’ici la fin de l’année. Les désaccords sur Taïwan, la sécurité régionale et les relations commerciales restent cependant profonds. À court terme, la visite des parlementaires japonais apparaît donc surtout comme une tentative de contenir l’escalade et d’éviter une rupture durable du dialogue entre Pékin et Tokyo, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI