Soudan : Washington lie le visa d’Al-Burhan à un cessez-le-feu
Le général Abdel Fattah al-Burhan pourrait ne pas se rendre à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU. Washington conditionnerait la délivrance de son visa à l’acceptation d’un cessez-le-feu de 90 jours proposé dans le cadre des efforts diplomatiques américains.
Les relations entre Washington et les autorités soudanaises se tendent davantage. Selon Reuters, les États-Unis retiennent actuellement le visa du général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée soudanaise, attendu à New York pour participer aux travaux de l’Assemblée générale des Nations unies. La délivrance du document serait liée à l’acceptation d’une proposition américaine prévoyant un cessez-le-feu de 90 jours. Cette initiative est portée par l’émissaire américain pour l’Afrique, Massad Boulos, dans le cadre des efforts visant à mettre fin à la guerre qui oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (RSF) depuis avril 2023.
Khartoum sollicite l’intervention de Guterres
Face à cette situation, l’ambassadeur du Soudan auprès de l’ONU, Al-Harith Idriss Al-Harith, a sollicité l’intervention du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Selon la partie soudanaise, l’absence de visa pourrait empêcher Abdel Fattah al-Burhan de représenter directement son pays devant l’Assemblée générale.
Antonio Guterres s’est dit « profondément préoccupé » par la situation et a indiqué être en contact avec les autorités américaines.
Le Soudan refuse un accord imposé
Khartoum affirme soutenir les efforts de paix, mais rejette toute solution qu’il considère comme imposée de l’extérieur. Des sources diplomatiques rapportées par Reuters indiquent qu’al-Burhan souhaiterait que la proposition américaine puisse être amendée et faire l’objet de négociations. Le gouvernement soudanais avait déjà exprimé des réserves sur le plan américain présenté en juillet.
De son côté, Washington affirme désormais que ni l’armée soudanaise ni les Forces de soutien rapide ne constituent une autorité constitutionnelle légitime au Soudan. Les États-Unis menacent également d’accentuer la pression sur les deux camps ainsi que sur les réseaux qui contribuent à alimenter le conflit.
Un discours confié au ministre des Affaires étrangères ?
En cas de non-délivrance du visa, le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohieldin Salem, pourrait prendre la parole à la place d’al-Burhan devant l’Assemblée générale. L’enjeu dépasse ainsi la seule présence du chef de l’armée soudanaise à New York. Pour Khartoum, il s’agit également de préserver sa capacité à défendre directement sa position sur la scène internationale, alors que le conflit entre l’armée et les RSF continue de ravager le pays depuis plus de trois ans, rapporte Trt Afrique.
Norbert MEGAN YAOVI



