Économie

Sommet économique en Égypte : Le Caire mise sur l’intégration du marché africain

‎‎Plus de 20 dirigeants et responsables gouvernementaux africains sont attendus, à partir de vendredi, à El-Alamein, dans le nord de l’Égypte, pour un sommet consacré au commerce, aux investissements et à l’intégration économique du continent. Le Caire entend faire de cette rencontre un cadre régulier pour renforcer les échanges et les investissements entre pays africains.

‎Pendant trois jours, dirigeants politiques, responsables d’entreprises, banques et institutions de développement vont échanger sur les moyens de dynamiser les relations économiques entre les différentes régions du continent. L’Égypte souhaite notamment faciliter les partenariats entre les acteurs de l’Afrique de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud. ‎Le Caire ambitionne également de transformer ce rendez-vous en une rencontre biennale placée sous l’égide de l’Union africaine. Une initiative qui intervient alors que les échanges commerciaux entre pays africains restent encore faibles.

Des échanges intra-africains encore limités

‎En 2023, le commerce intra-africain s’est établi à environ 192 milliards de dollars, soit près de 15 % du commerce total du continent. Dans le même temps, l’Afrique continue de réaliser une part importante de ses échanges avec l’Europe et l’Asie. ‎La situation est également contrastée en matière d’investissements directs étrangers. Le continent africain n’a attiré qu’environ 70 milliards de dollars sur les 1 600 milliards de dollars investis dans le monde, selon les Nations unies. ‎Le sommet d’El-Alamein entend ainsi mettre l’accent sur les investissements africains en Afrique, notamment dans les infrastructures, l’énergie, l’industrie, l’agriculture et la logistique.

L’Égypte renforce ses investissements en Afrique

‎Le Caire estime à environ 14 milliards de dollars ses investissements sur le continent. Ils concernent notamment les secteurs de la construction, de l’énergie, de l’industrie pharmaceutique, de la logistique et de l’agriculture. ‎Parmi les projets emblématiques figure le barrage hydroélectrique Julius Nyerere, en Tanzanie. D’un coût estimé à près de 3 milliards de dollars, l’ouvrage est réalisé par un consortium dirigé par des entreprises égyptiennes.

‎Au-delà des enjeux économiques, la rencontre intervient dans un contexte de renforcement de la présence diplomatique égyptienne en Afrique. Le Caire cherche à diversifier ses partenariats sur le continent, alors que ses relations avec l’Éthiopie restent marquées par les tensions autour du Grand barrage de la Renaissance sur le Nil. ‎À travers ce sommet, l’Égypte entend donc contribuer à transformer le potentiel économique africain en davantage de commerce, d’investissements et de partenariats entre les pays du continent.
‎