Après près de 15 ans d’arrêt, le train urbain de Kinshasa a repris du service. Une renaissance qui offre une alternative aux embouteillages, malgré des wagons déjà saturés et des tarifs jugés élevés par certains usagers.
À Kinshasa, le retour du train urbain redonne un peu d’espoir aux habitants des quartiers périphériques. Remis en circulation fin juin après près de quinze années d’interruption, le train bleu ciel relie désormais quotidiennement la zone de l’aéroport au centre-ville de la capitale congolaise.
À la gare de Masina, les voyageurs se bousculent pour accéder à des wagons rapidement remplis. Sans climatisation, la chaleur devient étouffante aux heures de pointe. Malgré ces conditions, le train constitue une véritable alternative aux célèbres minibus jaunes et aux embouteillages qui paralysent régulièrement la mégapole.
Le trajet jusqu’au centre-ville dure environ une heure quinze. Le billet de base est fixé à 2 000 francs congolais, contre 4 000 francs en deuxième classe et 5 000 francs en première classe. Selon les responsables de la ligne, entre 4 000 et 5 000 passagers utilisent actuellement le service chaque jour. Le nombre de rotations devrait prochainement passer de une à deux.
Cette reprise s’inscrit dans le projet MetroKin, qui prévoit à terme un réseau ferroviaire de 300 kilomètres. L’objectif est d’améliorer la mobilité dans une agglomération de près de 17 millions d’habitants, confrontée à une croissance démographique rapide et à un réseau routier insuffisant. Pour les usagers, le train est donc une bouffée d’oxygène. Mais son coût et la promiscuité dans les wagons rappellent que Kinshasa reste confrontée à un immense défi : offrir un transport public accessible, régulier et adapté à l’explosion de sa population, Trt Afrique.
Norbert MEGAN YAOVI