Canal de Panama : El Niño contraint à réduire le trafic maritime
Le nombre de navires autorisés à emprunter quotidiennement le canal de Panama diminue à partir de ce 3 septembre, en raison de la baisse des précipitations provoquée par le phénomène climatique El Niño.
Au Panama, le trafic maritime sur le canal reliant les océans Pacifique et Atlantique connaît une nouvelle restriction. À compter de ce 3 septembre, le nombre de passages quotidiens sera progressivement ramené de 36 à 34, puis à 32 navires. Une réduction significative pour cette infrastructure stratégique, par laquelle transite environ 5 % du commerce maritime mondial.
Cette décision s’explique principalement par le déficit de précipitations lié au phénomène climatique El Niño. Malgré des pluies régulières observées dans la capitale panaméenne, les réserves d’eau qui alimentent le canal ont fortement diminué. Entre mai et août, les apports en eau ont ainsi chuté de 44 % par rapport à la même période de 2025.
À cette baisse des précipitations s’ajoute une modification des vents, qui détourne davantage les pluies des bassins versants alimentant les réservoirs du canal. Une situation qui inquiète les autorités, alors que le phénomène El Niño pourrait maintenir des conditions particulièrement sèches pendant plusieurs mois.
Dès mai, l’hydrologue de l’Autorité du canal de Panama, Ricardo Guete, avait tiré la sonnette d’alarme. Selon lui, la saison des pluies ne prenant fin qu’en décembre, les effets d’El Niño pourraient se prolonger pendant huit mois. La saison sèche, qui dure ensuite quatre mois et n’apporte qu’environ 10 % des précipitations annuelles, risque ainsi de prolonger la période de déficit hydrique.
La situation est d’autant plus préoccupante que les ressources en eau du canal servent également à approvisionner près de la moitié de la population panaméenne en eau douce. Les autorités doivent donc trouver un équilibre entre la préservation des réserves hydriques et le maintien de l’activité maritime.
Cette réduction du trafic pourrait toutefois être partiellement compensée sur le plan financier. Chaque jour, certains navires qui n’ont pas réservé leur passage tentent d’obtenir une place aux enchères. Ces dernières peuvent atteindre des montants considérables. La crise au Moyen-Orient avait déjà fait grimper le prix de certains passages à près de 400 000 dollars. Ces derniers jours, un méthanier sud-coréen a même déboursé plus de 5 millions de dollars pour obtenir le droit de franchir le canal, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI