Justice

RDC : 27 militaires condamnés à mort

En République démocratique du Congo, 27 militaires des Forces armées de la RDC (FARDC) ont été condamnés à la peine de mort pour « lâcheté devant l’ennemi », après avoir été accusés d’avoir abandonné leurs positions lors des combats contre l’AFC/M23 dans le Sud-Kivu.

Le tribunal militaire de garnison d’Uvira a rendu son verdict vendredi 2 octobre, au terme d’un procès ouvert le 15 septembre et impliquant 112 soldats du 21ᵉ bataillon Simba des FARDC. Les militaires étaient poursuivis pour avoir abandonné ou insuffisamment défendu des positions stratégiques sur les hauteurs de Malimba et Masangu, qui dominent la ville d’Uvira. Les faits reprochés se sont déroulés lors des combats des 22 et 23 août.

91 militaires condamnés

Sur les 112 prévenus, 27 ont écopé de la peine capitale pour « lâcheté devant l’ennemi ». Cinquante-quatre autres ont été condamnés à cinq ans de servitude pénale pour violation des consignes, tandis que dix militaires ont reçu une peine de six mois de détention pour des faits similaires. Le tribunal a, en revanche, prononcé l’acquittement de 21 prévenus, dont cinq femmes, en raison de l’absence de preuves suffisantes. Au total, 91 militaires ont ainsi été condamnés.

Un verdict dans un contexte de guerre

Cette décision intervient alors que les combats entre les FARDC et l’AFC/M23 restent particulièrement intenses dans l’est de la RDC. Les positions concernées étaient considérées comme stratégiques pour la défense d’Uvira. Le verdict intervient également dans un contexte marqué par la levée, annoncée en février 2024 par les autorités congolaises, du moratoire sur l’exécution de la peine de mort. Kinshasa avait notamment justifié cette mesure par la nécessité de répondre à certaines infractions commises dans un contexte de guerre. L’AFC/M23 contrôle par ailleurs plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le mouvement rebelle, ce que Kigali continue de démentir.