Politique

Migration : L’UE envisage un durcissement de la surveillance de ses frontières

‎Après la crise migratoire de Ceuta, à la fin juillet, les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne se sont réunis jeudi 1er octobre à Luxembourg pour discuter du renforcement de la sécurité aux frontières extérieures. Plusieurs États membres souhaitent notamment accroître la surveillance et améliorer la détection des mouvements migratoires jugés susceptibles de constituer une crise.

‎Selon plusieurs responsables européens, la Russie aurait joué un rôle dans l’accélération des arrivées vers Ceuta, notamment à travers l’utilisation des réseaux sociaux. Les Vingt-Sept envisagent ainsi de renforcer le rôle de Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, dans la surveillance de ces plateformes. ‎« L’Europe commence à envisager des alertes qui devraient être déclenchées en temps utile », a expliqué le ministre croate de l’Intérieur, Davor Bozinovic. Selon lui, le dispositif pourrait notamment inclure la détection des contenus susceptibles d’encourager ou de faciliter de tels mouvements.

‎Le débat sur les renvois immédiats

‎La réunion a également relancé le débat sur la possibilité de renvoyer rapidement les migrants en cas d’afflux massif. Le ministre néerlandais de l’Intérieur, Bart van den Brink, estime qu’en situation de crise, les autorités doivent pouvoir rétablir rapidement le contrôle de la frontière et procéder au renvoi d’un groupe ayant franchi celle-ci. ‎Cette position intervient alors que le droit international encadre strictement les refoulements et impose notamment le respect du principe de non-refoulement.

‎Des centres de retour hors de l’UE

‎Au-delà du contrôle des frontières, les États membres ont également donné leur feu vert définitif au règlement permettant la mise en place de plateformes de retour. Ces structures doivent accueillir, en dehors du territoire de l’Union européenne, des migrants faisant l’objet d’une procédure de retour. ‎Ces différentes mesures traduisent la volonté des États membres de renforcer leur dispositif de contrôle migratoire après la crise de Ceuta, tout en maintenant le débat sur le respect des obligations internationales en matière d’asile et de protection des migrants, rapporte RFI.

Norbert MEGAN YAOVI
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