Transport aérien : Air Baltic fragilisée par la hausse du kérosène
La compagnie lettone Air Baltic a annoncé lundi 14 septembre son placement sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Cette procédure doit lui permettre de restructurer sa dette tout en maintenant ses activités. La flambée du prix du carburant, liée à la guerre au Moyen-Orient, a accentué ses difficultés financières.
Air Baltic traverse une période particulièrement délicate. La compagnie aérienne lettone a demandé la protection du chapitre 11 aux États-Unis, une procédure qui lui permet de réorganiser ses finances sous la supervision d’un tribunal, tout en poursuivant ses opérations. Pour maintenir sa trésorerie durant cette restructuration, le transporteur a obtenu de ses créanciers une ligne de crédit de 350 millions d’euros. Air Baltic assure que ses vols et ses services se poursuivent normalement et que les billets déjà réservés restent valides.
Le kérosène au cœur des difficultés
La forte hausse du carburant aérien a lourdement pesé sur les comptes de la compagnie. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le prix du kérosène a presque doublé. Air Baltic, qui avait insuffisamment couvert à l’avance ses besoins en carburant, s’est retrouvée particulièrement exposée à cette hausse. Cette situation intervient alors que l’entreprise affichait déjà une situation financière fragile.
En 2025, elle a transporté plus de cinq millions de passagers et réalisé un chiffre d’affaires de 780 millions d’euros, en progression de 4,2 %. Malgré cette croissance, elle a enregistré 44,3 millions d’euros de pertes avant dépréciations. L’État letton, qui détient 88,4 % des droits de vote, figure parmi les principaux soutiens de la compagnie. Parmi ses créanciers se trouvent notamment le motoriste américain Pratt & Whitney, avec une créance de 66,5 millions de dollars, et l’État letton, à hauteur de 20 millions de dollars. Lufthansa détient pour sa part 10 % du capital depuis 2025.
Un secteur aérien sous pression
Air Baltic n’est pas la seule compagnie à subir les conséquences de la flambée des coûts du carburant. Au Canada, Air Transat a essuyé plus de 100 millions de dollars de pertes et sollicité un financement d’urgence auprès du gouvernement fédéral. En Europe, Ryanair a également averti qu’une persistance des prix élevés du carburant pourrait entraîner une hausse des tarifs aériens.
Les compagnies de loisirs sont particulièrement vulnérables. Leur clientèle étant très sensible aux prix, elles disposent d’une marge limitée pour répercuter la hausse du kérosène sur les billets. Contrairement aux grands groupes diversifiés, elles peuvent aussi moins compter sur le fret, les vols long-courriers ou la clientèle d’affaires pour compenser leurs pertes. À travers sa restructuration, Air Baltic dit vouloir retrouver une structure financière plus solide et durable afin de renforcer sa compétitivité.
Norbert MEGAN YAOVI



