Politique

‎Bénin : Wadagni accélère les réformes sociales et économiques

‎Le gouvernement béninois entend donner un nouvel élan aux réformes sociales et économiques. Réuni en Conseil des ministres le 2 septembre 2026 sous la présidence de Romuald Wadagni, l’exécutif a pris une série de décisions touchant notamment à l’éducation, à la protection sociale, à l’agriculture et à la modernisation des services publics.

‎L’éducation constitue l’un des principaux domaines concernés. À partir de la rentrée scolaire 2026-2027, le programme national de cantines scolaires devrait bénéficier à 1,9 million d’écoliers, contre 1,4 million l’année précédente. Cette extension s’appuie sur la montée en puissance de l’Agence nationale d’Alimentation et de Nutrition.

‎Dans l’enseignement supérieur, les autorités annoncent également une revalorisation des bourses. Les montants pourront connaître des hausses allant jusqu’à 49 %. De nouveaux restaurants universitaires sont prévus à Abomey-Calavi et à Kétou, tandis que des logements et des infirmeries sur les campus doivent être réhabilités. ‎Le gouvernement prévoit par ailleurs la gratuité de l’inscription des filles dans les filières techniques de l’enseignement secondaire. Des bourses seront également accordées aux nouveaux bacheliers en situation de handicap.

‎Un dispositif renforcé pour les personnes handicapées

‎La prise en compte du handicap occupe une place importante dans les nouvelles mesures sociales. Environ 5 000 élèves en situation de handicap seront exonérés des frais de scolarité dans les établissements secondaires publics. ‎L’État prévoit également de porter à 400 millions de FCFA la dotation destinée aux initiatives entrepreneuriales des personnes handicapées. Le renforcement des aides techniques, notamment à travers la mise à disposition de fauteuils roulants et de tricycles, est aussi annoncé.

‎2 000 producteurs ciblés dans l’agriculture

‎Dans le secteur agricole, une phase pilote du Programme de productivité agricole et de protection sociale des agriculteurs concernera 2 000 producteurs de maïs. Chaque exploitant dispose en moyenne de 1,5 hectare. ‎Le dispositif prévoit la mise à disposition de semences hybrides et d’engrais, un appui à la mécanisation ainsi qu’un suivi numérique des exploitations. Il intègre également un volet de protection sociale avec une assurance maladie pouvant couvrir jusqu’à six personnes par ménage. ‎Un mécanisme de retraite est aussi prévu pour les producteurs concernés. Le programme avancera les primes d’assurance, avec un remboursement adossé à une partie de la production agricole.

‎35 centres intégrés annoncés

‎La modernisation de l’administration figure également parmi les priorités. Trente-cinq Centres intégrés économiques, sociaux et numériques doivent être construits dans 26 communes. ‎Ces infrastructures regrouperont plusieurs services publics, notamment les Guichets uniques de protection sociale, des agences de La Poste et des Points numériques communautaires.

‎À travers cette série de décisions, le gouvernement entend ainsi conjuguer renforcement de la protection sociale, soutien à la production agricole et modernisation des services publics. L’objectif affiché est de poursuivre les réformes tout en apportant des réponses concrètes aux besoins des populations.

Norbert MEGAN YAOVI
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