ONU : Quatre profils bientôt auditionnés
La succession de António Guterres est officiellement lancée. Cette semaine, les quatre candidats en lice sont auditionnés par les ambassadeurs des 193 États membres de l’Organisation des Nations unies, dans une étape décisive du processus de désignation du futur secrétaire général.
Le nouveau titulaire du poste prendra ses fonctions le 1er janvier 2027, dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et des enjeux multilatéraux majeurs.
Parmi les candidats auditionnés figure l’ancien président sénégalais Macky Sall, qui divise une partie des soutiens diplomatiques. Désigné par le Burundi, il ne bénéficie toutefois pas du soutien de son pays d’origine, le Sénégal, ni de celui de l’Union africaine. Autre candidate de premier plan, l’ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet, également ex-haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, conserve sa candidature malgré le retrait du soutien initial de son gouvernement actuel. Elle reste portée par le Brésil et le Mexique. Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi, représente également un profil technique expérimenté, fort de son parcours diplomatique et de son rôle dans la gouvernance du nucléaire civil. Enfin, la costaricienne Rebeca Grynspan, actuelle dirigeante de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, complète la liste des principaux prétendants.
Une candidature féminine toujours au cœur des équilibres diplomatiques
Même si seules deux femmes figurent parmi les principaux candidats, la question de la représentation féminine reste centrale dans les discussions. Le secrétaire général sortant a lui-même plaidé pour une plus grande parité au sein des instances dirigeantes de l’ONU. Plusieurs États influents, dont le Royaume-Uni et la France, ont également exprimé leur soutien à l’idée de voir une femme accéder pour la première fois à ce poste stratégique.
Les auditions se déroulent sur trois jours à New York. Michelle Bachelet ouvre le cycle des entretiens mardi, suivie du directeur de l’AIEA, Rafael Grossi. Mercredi, Rebeca Grynspan présentera sa vision devant les ambassadeurs, avant la dernière audition prévue avec Macky Sall, qui clôturera cette phase d’évaluation. Au-delà des profils, cette succession s’inscrit dans un moment charnière pour le système multilatéral. Le futur secrétaire général devra composer avec des crises sécuritaires, économiques et climatiques de grande ampleur, tout en réformant une organisation souvent critiquée pour sa lenteur décisionnelle.
La décision finale interviendra dans les prochains mois, à l’issue des consultations entre les grandes puissances et les États membres.


