La présidente de la Tanzanie Samia Suluhu Hassan a achevé ce vendredi 5 juin une visite officielle de trois jours à Moscou, marquant un tournant diplomatique dans les relations entre la Tanzanie et la Russie. Il s’agit de la première visite d’un chef d’État tanzanien en Russie depuis plus de cinquante ans, la dernière remontant à 1969 avec Julius Nyerere. Un déplacement qualifié d’« historique », intervenant dans un contexte de rapprochement entre Dar es Salaam et Moscou.

Reçue par le président russe Vladimir Poutine, Samia Suluhu Hassan a salué une coopération bilatérale appelée à se renforcer, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture, des mines, de l’éducation et des nouvelles technologies. Le chef de l’État russe a, de son côté, qualifié cette visite de « signal très positif » pour les relations entre les deux pays. Au cours de son séjour, la présidente tanzanienne a également pris part à une visite de l’université Université RUDN, établissement historiquement lié aux relations entre la Russie et plusieurs pays africains. Elle y a évoqué l’importance de l’éducation, de la science et de l’innovation comme leviers de développement. Dans ce cadre, elle a remercié la Russie, héritière de l’Union soviétique, pour son soutien passé aux mouvements africains de libération. Elle a également reçu une distinction honorifique pour sa contribution au rayonnement de la Tanzanie, qu’elle a dédiée à son peuple, rappelant que le leadership devait rester « au service des autres ». Cette visite intervient alors que certains partenaires occidentaux continuent d’exprimer des préoccupations concernant la situation politique et démocratique en Tanzanie, où l’élection de Samia Suluhu Hassan a récemment suscité des débats, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI