Politique

‎SADC : Les tensions migratoires et politiques au cœur du sommet de Durban

‎L’Afrique du Sud accueille ce lundi 17 août 2026, à Durban, le sommet ordinaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Les chefs d’État et de gouvernement des 16 pays membres doivent notamment se pencher sur les tensions migratoires, la xénophobie et plusieurs crises politiques et sanitaires qui secouent la sous-région.

‎À la tête de la SADC pour un an, l’Afrique du Sud entend placer la question migratoire au centre des discussions. Le pays avait déjà assuré la présidence par intérim de l’organisation depuis fin 2025, après le retrait de Madagascar. ‎Le sujet est particulièrement sensible après les manifestations contre les étrangers en situation irrégulière qui ont marqué l’Afrique du Sud en juin dernier. Plusieurs ressortissants de pays voisins, notamment du Zimbabwe, du Malawi et de la République démocratique du Congo (RDC), avaient été pris pour cible, dans un contexte marqué également par des opérations de rapatriement.

‎Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a reconnu la gravité de la situation lors d’une conférence publique organisée le 14 août, en prélude au sommet. Il s’est dit préoccupé par les actes de discrimination et les mauvais traitements infligés à des ressortissants étrangers. Le chef de l’État a appelé les pays membres à renforcer leur coopération afin de construire une région où les populations puissent « se déplacer par choix, et non par désespoir ». Les ministres des États membres avaient déjà entamé les discussions sur la question migratoire lors de leur réunion préparatoire. La xénophobie et la protection des ressortissants de la région devraient ainsi occuper une place importante dans les échanges entre les dirigeants.

‎Au-delà des migrations, le sommet de Durban devrait également être consacré à plusieurs dossiers majeurs. La situation dans l’est de la RDC, notamment avec la progression de l’épidémie d’Ebola, figure parmi les préoccupations de l’organisation. Les dirigeants devraient aussi suivre l’évolution de la transition politique à Madagascar. ‎La situation électorale en Zambie sera également surveillée de près. Alors que la Commission électorale poursuit la publication des résultats circonscription par circonscription, les observateurs de la mission de la SADC ont exprimé des préoccupations concernant certains aspects du processus électoral. Entre crise migratoire, enjeux sécuritaires, questions sanitaires et transitions politiques, le sommet de Durban s’annonce donc déterminant pour l’avenir de la coopération au sein de la SADC, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI