Un différend oppose désormais le Rwanda à la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) autour du rapatriement de 39 personnes renvoyées cette semaine en RDC.
Selon les autorités rwandaises, ces hommes et femmes, transférés au Rwanda il y a sept mois dans le cadre du programme de désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation (DDRRR), ne sont pas d’anciens combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Kigali estime qu’ils ne remplissaient donc pas les conditions d’admission au programme et a décidé de les renvoyer en territoire congolais.
Dans un communiqué, la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration suggère que la Monusco aurait rapatrié au Rwanda des personnes présentées à tort comme d’anciens membres des FDLR. La Monusco rejette toutefois ces accusations. Dans un communiqué publié jeudi 31 juillet, la mission onusienne affirme n’avoir « aucun rôle » dans cette opération de retour vers la RDC. Elle rappelle qu’avant tout rapatriement, un processus de vérification est systématiquement mené afin d’identifier les personnes éligibles au programme, rapporte Rfi.
Selon la mission, seules les personnes validées sont inscrites sur une liste transmise à la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration, laquelle donne ensuite son approbation finale. La Monusco laisse ainsi entendre que les autorités rwandaises avaient elles-mêmes accepté ces 39 personnes lors de leur arrivée au Rwanda. Les versions des deux parties divergent donc sur les responsabilités dans cette affaire. Par ailleurs, aucune présence officielle de la Monusco n’a été constatée lors du renvoi des 39 personnes vers la RDC, mercredi, à la frontière.
Norbert MEGAN YAOVI