RDC : Procès de l’ex-chef d’état-major Tshiwewe ouvert
Kinshasa accueille ce jeudi 4 juin l’ouverture du procès de plusieurs hauts gradés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), parmi lesquels l’ancien chef d’état-major général, le général Christian Tshiwewe. Les accusés comparaissent devant la Haute Cour militaire pour répondre à de graves accusations portant notamment sur la sûreté de l’État et la discipline militaire.

Au total, neuf officiers supérieurs et un civil sont poursuivis pour complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes militaires, désertion à l’étranger, détention illégale d’armes ainsi qu’incitation à commettre des actes contraires au devoir militaire. Certains de ces chefs d’accusation sont passibles de la peine de mort selon la législation congolaise. Parmi les accusés figure également le général John Numbi, ancien inspecteur général des FARDC. Toutefois, ce dernier est absent à l’ouverture du procès. En fuite depuis 2021, il avait quitté le pays après avoir été relevé de ses fonctions en 2020. Son nom est également cité dans d’autres affaires judiciaires, notamment celle relative aux assassinats des défenseurs des droits humains Floribert Chebeya et Fidèle Bazana.
À l’inverse, le général Christian Tshiwewe est bien présent devant la Haute Cour militaire. Chef d’état-major des FARDC entre 2022 et janvier 2025, il avait quitté ses fonctions peu avant la prise de Goma par les rebelles de l’AFC/M23. Il avait ensuite été nommé conseiller militaire du président Félix Tshisekedi avant d’être arrêté en juillet 2025 avec plusieurs autres officiers. Après une période de détention par les services de renseignement, il a été transféré à la prison militaire de Ndolo. Cette première audience est essentiellement consacrée à des questions de procédure. Les magistrats doivent notamment procéder à l’identification des accusés et à la lecture des charges retenues contre eux. L’ouverture de ce procès, qui implique plusieurs figures importantes de l’appareil militaire congolais, est suivie avec attention par l’opinion publique et pourrait avoir des répercussions majeures sur la vie politique et sécuritaire du pays, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI