Nigeria : Plus de 1 000 ressortissants seront rapatriés d’Afrique du Sud
Le gouvernement nigérian a annoncé le lancement d’une opération de rapatriement volontaire de plus de 1 000 de ses ressortissants vivant en Afrique du Sud. Cette décision intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des tensions et des violences à caractère xénophobe visant les populations étrangères dans le pays.

Selon le porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères, Kimiebi Ebienfa, le processus de sélection des candidats au rapatriement a débuté jeudi. Bien que le nombre exact de personnes concernées ne soit pas encore arrêté, les autorités s’attendent à ce que plus d’un millier de Nigérians bénéficient de cette opération. Dans un communiqué publié cette semaine, le Haut-Commissariat du Nigeria à Pretoria a indiqué avoir obtenu des dérogations auprès des autorités sud-africaines. Ces mesures permettront notamment aux ressortissants ayant commis des infractions liées à l’immigration de quitter le territoire à bord des vols de rapatriement prévus, sans passer par une période de détention. Cette initiative intervient peu après le rapatriement par le Ghana de plusieurs centaines de ses citoyens installés en Afrique du Sud. Les autorités ghanéennes avaient alors justifié leur décision par la montée des manifestations hostiles aux étrangers et les risques sécuritaires encourus par leurs ressortissants.
Longtemps considérée comme l’économie la plus industrialisée du continent africain, l’Afrique du Sud attire depuis des décennies des travailleurs venus de plusieurs pays voisins. Toutefois, le pays est confronté à un taux de chômage supérieur à 30 %, une situation qui alimente régulièrement des tensions sociales et des mouvements hostiles aux immigrés. Les récentes manifestations ont ravivé le débat sur la xénophobie et la gestion des flux migratoires en Afrique. Elles mettent également en lumière les contradictions entre les idéaux d’intégration panafricaine et les difficultés rencontrées par de nombreux migrants sur le continent.
Les inquiétudes se sont accentuées après l’ultimatum lancé par un collectif citoyen réclamant l’expulsion des migrants en situation irrégulière avant le 30 juin. Plusieurs observateurs redoutent que cette échéance ne provoque de nouveaux affrontements, dans un pays déjà marqué par des épisodes de violences anti-immigrés ayant causé des dizaines de morts ces dernières années. Face à cette situation, Abuja affirme vouloir garantir la sécurité de ses ressortissants tout en leur offrant une possibilité de retour volontaire dans leur pays d’origine, rapporte Trt Africa.
Norbert MEGAN YAOVI