L’Italie et le Rwanda examinent la possibilité de mettre en place un partenariat portant sur l’externalisation des procédures d’asile destinées aux migrants souhaitant rejoindre le territoire italien. L’information a été confirmée par les autorités rwandaises, quelques jours après une proposition formulée par Rome auprès de l’Union européenne.
La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a indiqué que les échanges entre les deux pays se poursuivent. Les discussions portent notamment sur l’expérience du Rwanda dans la gestion des migrants, acquise grâce au mécanisme de transit d’urgence de Gashora, lancé en 2019 pour accueillir des personnes évacuées de Libye, ainsi que sur les délais de traitement des demandes d’asile et les modalités de réinstallation des bénéficiaires.
Cette initiative intervient après la réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne consacrée à la crise migratoire de Ceuta. À cette occasion, Rome avait proposé à Bruxelles de financer des centres de traitement des demandes d’asile situés hors de l’espace Schengen, afin d’y transférer les procédures d’examen des dossiers et les opérations de retour des migrants. Le projet s’inspire de l’accord déjà conclu entre l’Italie et l’Albanie. Les autorités italiennes envisagent également de nouer des partenariats similaires avec d’autres pays africains, notamment le Ghana, l’Ouganda et le Rwanda.
Si un accord est finalement signé, il viendra renforcer la coopération migratoire déjà engagée par Kigali avec plusieurs États. Le Rwanda avait notamment conclu un partenariat avec le Royaume-Uni en 2022, finalement abandonné en 2024, puis un autre avec les États-Unis en 2025 pour l’accueil temporaire de personnes expulsées du territoire américain.
Norbert MEGAN YAOVI