Les Bissau-Guinéens ont largement approuvé le projet de nouvelle Constitution. Selon les résultats provisoires annoncés mardi 1er septembre par la Commission nationale électorale, le « oui » a obtenu 70 % des suffrages lors du référendum organisé dimanche.
Le résultat marque une étape importante pour la Guinée-Bissau, dirigée par une junte depuis le renversement du président Umaro Sissoco Embalo, le 26 novembre 2025. Les militaires au pouvoir doivent organiser un retour au pouvoir des civils début décembre, avec des élections générales prévues le 6 décembre.
Les résultats définitifs doivent être proclamés dans les prochains jours par la Cour suprême. Aucun recours n’a, pour l’heure, été enregistré. La présidente de la Commission nationale électorale, Carmen Izaura Lobo, a qualifié le scrutin de « succès », saluant le professionnalisme des agents électoraux ainsi que la transparence du processus. Des observateurs ont toutefois relevé une faible mobilisation des électeurs.
Un régime présidentiel renforcé
Le projet constitutionnel prévoit de remplacer l’actuel système semi-parlementaire par un régime présidentiel renforcé. Le chef de l’État pourrait notamment nommer et révoquer le Premier ministre et le gouvernement, mais aussi dissoudre le Parlement. L’opposition, qui avait appelé au boycott du référendum, conteste cette réforme. Le PAIGC, parti historique de l’indépendance, a dénoncé un scrutin organisé dans un contexte de restriction des libertés publiques.
Une partie de la société civile redoute également une concentration excessive des pouvoirs. Pour ses promoteurs, la réforme doit au contraire contribuer à stabiliser les institutions et à éviter les conflits récurrents entre la présidence et le gouvernement. Le référendum intervient ainsi à quelques mois du retour annoncé des civils au pouvoir, dans un climat politique toujours marqué par de fortes tensions, rapporte Rfi.
Norbert MEGAAN YAOVI