Société

‎Cameroun : Le baccalauréat anglophone reporté après une fuite de sujets

Les autorités camerounaises ont décidé de reporter de deux semaines la poursuite des épreuves du General Certificate of Education (GCE), l’équivalent du baccalauréat dans le sous-système anglophone, à la suite d’une importante fuite de sujets sur les réseaux sociaux.Initialement prévue pour reprendre le 8 juin, la session se poursuivra désormais du 22 juin au 2 juillet. Cette décision vise à permettre aux organisateurs de déterminer l’origine des fuites et de préparer de nouvelles épreuves afin de garantir l’équité de l’examen.

‎Selon une source au ministère des Enseignements secondaires, l’ampleur de la fraude constatée a contraint l’administration à revoir son calendrier. L’hypothèse d’une annulation totale des épreuves déjà organisées et de leur reprise intégrale avait même été envisagée. ‎Finalement, les autorités ont opté pour une solution intermédiaire consistant à maintenir les examens déjà passés tout en reportant les épreuves restantes. Cette mesure doit permettre aux responsables de l’éducation d’évaluer l’étendue des irrégularités et de préserver la crédibilité du diplôme. ‎Cette année, plus de 200 000 candidats sont inscrits au GCE à travers le pays, faisant de cet examen l’un des rendez-vous académiques les plus importants du système éducatif camerounais.

‎Des mesures de sécurité insuffisantes
‎‎Le ministère des Enseignements secondaires affirme avoir mis en place plusieurs dispositifs destinés à sécuriser l’organisation de l’examen. Des campagnes de sensibilisation avaient notamment été menées auprès des différents intervenants afin de rappeler les sanctions encourues en cas de fraude. Des caméras de surveillance avaient également été installées dans certaines salles de composition. ‎Malgré ces précautions, des sujets d’examen ont circulé sur des téléphones portables et diverses plateformes numériques, selon plusieurs témoignages d’élèves. Ces divulgations ont compromis la confidentialité des épreuves et remis en question l’intégrité du processus d’évaluation.

‎Un phénomène récurrent
‎Les fuites de sujets d’examen ne constituent pas un phénomène inédit au Cameroun. Ces dernières années, le baccalauréat du sous-système francophone a également été confronté à des cas similaires de fraude et de diffusion illégale des épreuves. ‎Si les autorités pensaient avoir réussi à contenir le problème grâce aux mesures de contrôle mises en place, les événements récents démontrent que le défi demeure entier.‎Lors d’un point de presse tenu lundi à Yaoundé, la ministre des Enseignements secondaires, Nalova Lyonga, a confirmé que des preuves tangibles de la fuite des sujets avaient été réunies. Elle a précisé que ces éléments avaient été transmis aux services de police, qui ont ouvert une enquête afin d’identifier les responsables de cette affaire, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI