Sécurité Société

Accusations contre l’Iran après des frappes meurtrières au Kurdistan irakien exilé

L’escalade militaire entre l’Iran et les groupes d’opposition kurdes franchit un nouveau cap dans le nord de l’Irak. Depuis le début du mois de juillet, le Kurdistan irakien subit une série de frappes attribuées à Téhéran, alimentant les inquiétudes sur une aggravation du conflit régional. Le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PAK), mouvement kurde iranien en exil, accuse désormais le régime iranien d’avoir utilisé des munitions au phosphore blanc lors d’une attaque survenue le 19 juillet, une allégation qui, si elle était confirmée, constituerait une grave violation du droit international humanitaire.

Selon les informations communiquées par les autorités locales et les responsables du PAK, près de 56 drones et missiles iraniens ont frappé le Kurdistan irakien depuis le début du mois. Cette région montagneuse accueille plusieurs groupes d’opposition kurdes iraniens, régulièrement ciblés par Téhéran qui les accuse de menacer sa sécurité nationale.

La dernière attaque, menée dans la nuit du 19 juillet contre une base du PAK, a fait au moins neuf blessés. Des images diffusées par les peshmergas montrent un drone survolant la zone avant une explosion suivie d’un épais nuage de fumée blanche.

L’un des combattants grièvement touchés décrit une scène particulièrement violente. Il affirme avoir entendu le drone avant d’être enveloppé par la fumée, puis brûlé malgré la distance qui le séparait du point d’impact. Son corps présente d’importantes brûlures sur le visage, le dos, les bras, les mains et les jambes.

Pour Hana Omar, responsable des relations internationales du PAK, les blessures observées ainsi que les caractéristiques de l’explosion renforcent les soupçons d’un recours à des munitions contenant du phosphore blanc. Selon elle, les flammes se sont propagées sur un rayon d’environ cinquante mètres et se sont révélées beaucoup plus difficiles à maîtriser que lors des frappes précédentes.

Dans un communiqué, le PAK dénonce une violation des principes fondamentaux du droit international humanitaire et appelle les Nations unies ainsi que la communauté internationale à diligenter une enquête indépendante afin d’établir les circonstances exactes de cette attaque. À ce stade, aucune confirmation indépendante n’a permis de vérifier l’utilisation de phosphore blanc, tandis que les autorités iraniennes n’ont pas réagi publiquement à ces accusations.