Sécurité

RDC : Le meurtre d’un haut magistrat relance le débat sur leur sécurité

‎Le président de la Cour d’appel du Haut-Katanga, Vincent Mwana Mulenda, a succombé à ses blessures après une attaque armée à son domicile, à Lubumbashi. Le drame pousse le Conseil supérieur de la magistrature à réclamer des mesures renforcées pour assurer la protection des magistrats.

‎Le monde judiciaire congolais est en deuil. Vincent Mwana Mulenda, président de la Cour d’appel du Haut-Katanga, est décédé lundi 21 septembre 2026 après avoir été grièvement blessé lors d’une attaque armée à son domicile, dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 septembre à Lubumbashi.

‎Selon les premiers éléments rapportés par des sources judiciaires et des proches, des hommes armés auraient escaladé les murs de sa résidence avant de briser des vitres pour pénétrer dans la maison. Les assaillants auraient réclamé les clés de son véhicule ainsi que de l’argent. Le magistrat aurait alors été atteint par balle à la jambe et grièvement blessé à la tête. ‎Transporté dans une structure médicale pour recevoir des soins, Vincent Mwana Mulenda n’a finalement pas survécu à ses blessures.

‎Une enquête ouverte

‎Réagissant à ce décès, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko-Andali, a annoncé l’ouverture d’une enquête. Celle-ci doit permettre d’établir les circonstances de l’attaque et les éventuelles responsabilités, dans le respect de la loi et de la procédure judiciaire. ‎Le drame intervient dans un contexte marqué par des préoccupations sécuritaires à Lubumbashi. Des incidents armés récents ont notamment alimenté les inquiétudes sur la sécurité des personnes et des biens dans la ville.

‎Le CSM demande des mesures concrètes

‎Dans un communiqué, le Conseil supérieur de la magistrature a condamné l’assassinat et exprimé sa préoccupation face à la montée des actes d’insécurité visant les acteurs de la justice. L’institution demande aux autorités de renforcer la sécurité des magistrats et de leurs résidences.

‎Le CSM relance également le débat sur le port d’arme de petit calibre par les magistrats. Il rappelle que ce droit est prévu par l’article 19, point 5, de la loi organique portant statut des magistrats et appelle les autorités à faciliter sa mise en œuvre dans les meilleurs délais. ‎Au-delà de l’émotion suscitée par la disparition de Vincent Mwana Mulenda, son assassinat remet ainsi au premier plan la question des conditions de sécurité dans lesquelles les magistrats congolais exercent leurs fonctions, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI
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