L’investisseur américain Joshua Kushner reconnaît avoir sous-estimé les enjeux politiques du football mondial dans son implication dans FIFA Forward Enterprise, le projet financier porté par Gianni Infantino.
Joshua Kushner sort du silence. Le fondateur de Thrive Capital, pressenti comme principal investisseur de FIFA Forward Enterprise (FFE), dit regretter d’avoir participé à un projet qui a rapidement suscité l’opposition de plusieurs acteurs du football mondial. « Si nous avions su dans quoi cela allait dégénérer, nous ne nous serions pas impliqués », a déclaré l’investisseur, reconnaissant ne pas avoir su « apprécier les dynamiques politiques du football mondial ».
Présenté par la FIFA comme un moyen de développer ses activités commerciales et de générer davantage de revenus pour ses associations membres, le projet prévoyait notamment l’ouverture d’une partie de son capital à des investisseurs privés. Thrive Capital devait y jouer un rôle majeur.
L’initiative a toutefois provoqué une forte contestation, notamment de la part de l’UEFA, qui s’est inquiétée des conséquences du projet sur la gouvernance du football mondial. La FIFA a finalement renoncé à l’opération au début du mois d’août. L’affaire se poursuit néanmoins sur le terrain judiciaire. L’UEFA a saisi un tribunal fédéral de New York pour obtenir de Joshua Kushner et de Thrive Capital des documents relatifs au projet et à leurs échanges avec la FIFA. Kushner n’est pas accusé d’irrégularités. Mais les éléments détenus par son fonds pourraient permettre de mieux comprendre les conditions dans lesquelles le projet de Gianni Infantino a été conçu, négocié puis abandonné.
Norbert MEGAN YAOVI