Politique

RDC : 14 inculpés renvoyés en procès dans l’affaire Semlex

‎La justice belge a décidé de renvoyer quatorze personnes devant un tribunal correctionnel dans l’affaire des passeports biométriques congolais fabriqués par la société belge Semlex. Le dossier est marqué par des soupçons de corruption et de détournement de plusieurs dizaines de millions de dollars.

‎La justice belge a franchi une nouvelle étape dans l’affaire des passeports biométriques de la République démocratique du Congo. Quatorze inculpés seront prochainement jugés par un tribunal correctionnel, dont le directeur de Semlex, Albert Karaziwan, et Emmanuel Adrupiako, ancien conseiller financier de l’ex-président Joseph Kabila.

‎L’affaire remonte à 2015, année du lancement des passeports biométriques congolais. Vendus à 185 dollars l’unité, ils figuraient alors parmi les passeports les plus chers au monde. Selon les révélations de l’enquête « Congo Hold-Up », environ 60 dollars par passeport auraient été détournés. ‎L’enquête judiciaire belge avait débuté en janvier 2017 après la découverte de 400 000 dollars en espèces sur un intermédiaire du contrat, arrêté à l’aéroport de Zaventem, à Bruxelles. Les investigations ont ensuite porté sur de possibles versements de commissions à des responsables congolais.

‎Au total, près de 60 millions de dollars, soit environ 51 millions d’euros, auraient été détournés. Des citoyens congolais et plusieurs organisations, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), se sont constitués parties civiles. ‎Pour l’avocat Alexis Deswaef, ce renvoi constitue un signal important dans la lutte contre la corruption transnationale, notamment lorsque des entreprises occidentales sont soupçonnées de faits de corruption dans des pays africains, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI