Soudan : Un dialogue national lancé sans les FSR
Au Soudan, les préparatifs d’un dialogue national ont officiellement débuté, alors que la guerre se poursuit entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR). Le Comité de préparation du dialogue soudanais a annoncé, dimanche 30 juin à Khartoum, la tenue de sa première réunion.
L’initiative avait été annoncée à la mi-août par le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée soudanaise. Selon lui, ce dialogue doit contribuer à jeter les bases d’une paix durable dans un pays ravagé par le conflit depuis près de trois ans. Mais les FSR, engagées dans les combats contre l’armée, ne sont pas associées au processus.
Le comité chargé de préparer les discussions regroupe plusieurs personnalités civiles, notamment des universitaires, des journalistes et des juristes. Dans un premier temps, il prévoit de consulter les différentes forces politiques, les organisations de la société civile ainsi que des partenaires régionaux et internationaux.
Ces consultations doivent permettre de définir un agenda et un cadre pour des discussions présentées comme « sérieuses, indépendantes et inclusives ». Toutefois, l’initiative est déjà confrontée à de fortes résistances. Plusieurs acteurs politiques invités ont en effet décliné leur participation.
Le week-end dernier, à Nairobi, Abdel Wahid Al Nur, dirigeant du Mouvement de libération du Soudan (SLM), a annoncé son refus de rejoindre le processus. Il considère cette initiative comme un « prétexte pour justifier le coup d’État » mené par le général al-Burhan en 2021. La semaine précédente, une coalition regroupant des partis politiques et des organisations de la société civile, parmi lesquels l’ancien Premier ministre Abdallah Hamdok, avait également rejeté l’initiative lors d’une rencontre à Addis-Abeba.
Pour le chercheur Tsega’ab Amare, de la Horn Review, les chances de réussite de ce dialogue restent limitées. Il estime notamment qu’il sera difficile de parvenir à une issue politique si le processus cherche à « faire ressembler un résultat militaire à une transition politique ». Alors que le conflit continue de déstabiliser le pays, l’absence des FSR et le refus de plusieurs forces politiques de participer au processus constituent ainsi de sérieux obstacles à la mise en place d’un dialogue véritablement inclusif, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI