Le processus de désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) en République démocratique du Congo (RDC) avance, mais reste confronté à d’importants défis politiques et opérationnels. Le 30 mai, le président du mouvement, Victor Byiringiro, avait confirmé l’adhésion des FDLR à un protocole négocié avec le gouvernement congolais. Ce texte prévoit le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des combattants.
Rendu public le 28 juillet par Kinshasa, l’accord a été salué par le Groupe de contact international pour les Grands Lacs. Présidé par la France et réunissant notamment les États-Unis, plusieurs pays européens et l’Union européenne, le groupe demande désormais à la RDC de présenter un plan opérationnel et un calendrier réaliste.
Selon des informations de RFI, une feuille de route, un projet de plan opérationnel ainsi qu’un budget ont déjà été élaborés. Ces documents doivent encore être validés avant la mise en œuvre effective du protocole. Le comité de suivi prévu par l’accord devrait, pour sa part, être installé autour de la mi-septembre. Au-delà de ces aspects techniques, la principale difficulté reste politique. Les FDLR réclament notamment des garanties pour le retour des réfugiés rwandais et l’ouverture d’un dialogue politique au Rwanda. Elles souhaitent que Kinshasa porte ces revendications auprès de la médiation américaine.
Une demande catégoriquement rejetée par Kigali. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, rappelle que la neutralisation des FDLR constitue une obligation de la RDC dans le cadre des accords de Washington, indépendamment des revendications du mouvement. Kinshasa doit ainsi avancer sur une ligne de crête : respecter ses engagements tout en maintenant les FDLR dans le processus de désarmement.
Norbert MEGAN YAOVI