Centrafrique : Les habitants de Birao subissent une crise économique grandissante
Dans le nord-est de la République centrafricaine, la ville de Birao fait face à une importante hausse des prix des produits de première nécessité. La dégradation des routes, l’insécurité persistante et les difficultés d’approvisionnement depuis le Tchad et le Soudan voisins aggravent les conditions de vie des populations. Les autorités locales annoncent des travaux de réhabilitation des infrastructures pour tenter de désenclaver cette zone isolée.
À Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, les habitants subissent les conséquences d’un enclavement qui fragilise davantage l’économie locale. Dans cette ville située à l’extrême nord-est de la République centrafricaine, l’acheminement des marchandises devient de plus en plus difficile, entraînant une augmentation spectaculaire des prix sur les marchés.
Les commerçants, qui importent principalement leurs produits du Tchad et du Soudan, rencontrent d’importants obstacles pour ravitailler la population. L’état des routes, combiné aux risques sécuritaires, rallonge les délais de transport et augmente considérablement les coûts logistiques.
Omar Alfachine Ali, délégué des commerçants de Birao, décrit une situation devenue particulièrement préoccupante. Dans sa boutique construite en bambou, il explique que les marchandises doivent désormais suivre un parcours complexe avant d’arriver dans la ville.
Après leur passage à la frontière tchadienne, les produits sont transportés à l’aide de chevaux attelés à des charrettes pouvant déplacer seulement de petites quantités. Les convois parcourent ensuite environ 150 kilomètres avec plusieurs rotations nécessaires pour atteindre Birao.
Cette organisation du transport entraîne une hausse importante des dépenses pour les commerçants, qui répercutent ces coûts supplémentaires sur les consommateurs. Certains prix dépassent désormais les plafonds fixés par le ministère du Commerce.
Le sac de ciment, vendu autour de 25 000 francs CFA en saison sèche, atteint environ 35 000 francs CFA pendant la période des pluies. Le prix du sac d’oignons connaît également une progression spectaculaire, passant de 10 000 francs CFA à une fourchette comprise entre 40 000 et 50 000 francs CFA. Le sucre, quant à lui, est passé de 40 000 à 60 000 francs CFA.
Cette flambée des prix affecte directement les ménages de Birao. Pour Mariam Ali, habitante de la ville, chaque passage au marché est devenu un véritable exercice de calcul. Elle estime que les prix des produits alimentaires ont fortement augmenté et que les familles peinent désormais à satisfaire leurs besoins essentiels.
Selon elle, un budget inférieur à 7 500 francs CFA par jour ne permet plus de vivre convenablement dans cette partie de la République centrafricaine. Cette situation accentue la précarité des populations déjà confrontées aux difficultés économiques et à l’isolement géographique.
Face à cette crise, les autorités locales assurent que des mesures sont en cours pour améliorer les conditions de déplacement. Thierry Evariste Binguinendji, gouverneur de la région, affirme que des travaux de réhabilitation des routes ont été engagés afin de faciliter la circulation des marchandises.
Selon les autorités, ces interventions devraient contribuer à réduire les difficultés liées au transport et améliorer l’approvisionnement de Birao dans un délai d’environ un an.
En attendant les résultats de ces travaux, les habitants continuent de subir les effets combinés de l’enclavement, de l’insécurité et de la hausse du coût de la vie dans cette région reculée de la République centrafricaine.



