Cacao ivoirien : Stocks, prix et exportations au cœur des discussions nationales
L’Organisation interprofessionnelle agricole Café-Cacao (OIA Café-Cacao) affirme que la filière cacao ivoirienne retrouve progressivement sa stabilité après plusieurs mois de perturbations liées à la commercialisation des fèves. Lors d’une conférence de presse tenue le 20 juillet 2026 à Abidjan, en prélude à la Journée nationale des acteurs de la filière prévue à Duékoué, dans l’ouest du pays, l’organisation a présenté les mesures engagées pour faciliter l’écoulement des stocks et accompagner les producteurs.
La filière cacao en Côte d’Ivoire amorce une sortie progressive de la période de tensions qui a marqué la campagne intermédiaire. L’Organisation interprofessionnelle agricole Café-Cacao (OIA Café-Cacao) assure que la situation évolue favorablement après plusieurs mois de difficultés liées à la commercialisation des fèves.
Cette annonce intervient avant la Journée nationale des acteurs de la filière qui se tiendra à Duékoué, dans la région du Guémon. Cette rencontre réunira les différents acteurs du secteur autour des défis actuels et des perspectives de développement de la production cacaoyère ivoirienne.
Selon Aubin Blondé Doua, porte-parole de l’OIA Café-Cacao, l’attribution de 23 000 tonnes de cacao à l’organisation a permis de faciliter l’écoulement d’une partie des stocks résiduels issus de la grande campagne. Cette opération a contribué à réduire les difficultés rencontrées par plusieurs producteurs et coopératives confrontés à des problèmes de stockage et de commercialisation.
Cette situation intervient dans un contexte marqué par la baisse du prix bord champ du cacao, passé de 2 800 francs CFA à 1 200 francs CFA le kilogramme durant la campagne intermédiaire. Cette diminution avait suscité des inquiétudes chez les producteurs, notamment ceux qui détenaient encore des stocks issus de la grande campagne.
L’OIA Café-Cacao pointe également certains dysfonctionnements dans la chaîne d’exportation des fèves. Selon son porte-parole, plus de 150 connaissements, documents nécessaires à l’exportation du cacao, seraient concernés par des engagements qui n’auraient pas été respectés.
L’organisation estime que certains volumes présentés comme provenant de la grande campagne ne répondaient pas aux caractéristiques attendues. Aubin Blondé Doua explique que la qualité des fèves varie selon les périodes de récolte et influence directement leur valeur commerciale. Les fèves issues de la grande campagne, jugées de meilleure qualité, ont ainsi été rémunérées à 2 800 francs CFA le kilogramme.
Sur le terrain, plusieurs coopératives continuent toutefois d’exprimer leurs préoccupations. Certaines affirment avoir vendu une partie de leur production au prix de 1 200 francs CFA le kilogramme afin d’éviter des pertes importantes liées à l’absence de débouchés.
Des responsables syndicaux indiquent que plusieurs producteurs ont préféré céder leurs stocks à un prix inférieur plutôt que de conserver leurs fèves sans garantie d’écoulement. L’OIA Café-Cacao considère néanmoins ces situations comme des « cas isolés » et assure poursuivre les échanges avec le Conseil du Café-Cacao, l’organe chargé de la régulation du secteur.
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire entend préserver la stabilité de cette filière stratégique qui constitue une source majeure de revenus pour des millions de producteurs. À travers les mesures annoncées et le dialogue engagé avec les acteurs, l’interprofession ambitionne de renforcer l’organisation du marché et de garantir une meilleure valorisation du cacao ivoirien.



