Politique Santé

Zimbabwe : Washington va suspendre son financement de la santé

‎Les États-Unis vont mettre fin, fin septembre, au financement de plusieurs programmes de santé au Zimbabwe. Cette décision intervient après l’échec des négociations autour d’un nouvel accord bilatéral proposé par Washington et rejeté en partie par Harare, notamment en raison de dispositions relatives au partage de données sanitaires sensibles.

‎L’ambassade des États-Unis à Harare a confirmé la décision vendredi. L’ambassadrice américaine, Pamela Tremont, a expliqué que la suspension faisait suite au refus du Zimbabwe de signer le protocole d’accord bilatéral dans le domaine de la santé. ‎Washington entend désormais réorienter ses relations avec Harare vers les secteurs économique, commercial et de l’investissement, plutôt que de les centrer principalement sur l’aide sanitaire et humanitaire. ‎Le désaccord porte notamment sur les conditions prévues dans le projet d’accord. Le porte-parole du gouvernement zimbabwéen, Nick Mangwana, a fait état de préoccupations concernant la souveraineté, l’égalité entre les parties et le partage de données sanitaires.

‎Selon lui, le projet américain prévoyait notamment un accès à des données de santé sensibles, ainsi qu’à des échantillons biologiques et à des informations liées aux maladies touchant la population zimbabwéenne. Cette situation fait craindre des conséquences sur plusieurs programmes sanitaires, notamment ceux consacrés à la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Depuis plusieurs décennies, les États-Unis apportent un soutien financier et technique important au système de santé zimbabwéen. ‎Face à la diminution de l’aide internationale, les autorités de Harare affirment vouloir renforcer la mobilisation des ressources nationales afin de réduire leur dépendance aux financements extérieurs.

‎Une nouvelle politique américaine en Afrique

‎Le différend avec le Zimbabwe s’inscrit dans une nouvelle approche de Washington visant à conditionner davantage son aide sanitaire à la conclusion d’accords bilatéraux entre les États-Unis et les pays bénéficiaires. ‎Le Zimbabwe n’est pas le seul pays africain concerné. La Namibie a également exprimé des réserves sur certaines dispositions relatives au partage de données sanitaires et d’échantillons biologiques. Début septembre, Washington a annoncé une évolution de son soutien aux programmes de lutte contre le VIH dans ce pays.

‎Selon KFF, organisme américain spécialisé dans l’analyse des politiques de santé, 35 pays ont déjà conclu des accords sanitaires bilatéraux avec les États-Unis, principalement en Afrique. Le Ghana, la Zambie, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe ont, pour leur part, rejeté ou n’ont pas finalisé de nouveaux accords. Au Kenya, un accord fait l’objet d’un recours judiciaire. ‎Dans ce contexte, plusieurs gouvernements africains plaident désormais pour une plus grande « indépendance sanitaire », avec l’objectif de renforcer leurs financements nationaux et leurs capacités de gestion des systèmes de santé, rapporte Trt Afrique.

Norbert MEGAN YAOVI
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