Thaïlande : Le cannabis s’exporte de plus en plus vers la France
La Thaïlande est devenue ces dernières années une nouvelle source d’approvisionnement en cannabis pour le marché français. Au moins 11 Français sont actuellement détenus dans le pays après avoir été arrêtés dans des aéroports avec plusieurs kilos de cannabis dans leurs bagages.
Selon le Parquet national anti-criminalité organisée (PNACO), des investigations sont en cours. Ces arrestations illustrent toutefois un phénomène qui prend de l’ampleur. L’Office anti-stupéfiants (Ofast) constate une forte progression des saisies de cannabis en provenance de Thaïlande depuis deux ans. Cette évolution est notamment liée à la dépénalisation du cannabis décidée par Bangkok en 2022. À partir de 2023, la Thaïlande a connu une importante hausse de sa production. Pour les réseaux de trafiquants, le pays est devenu une source attractive, notamment en raison du prix relativement faible du cannabis et de sa forte teneur en THC.
En France, les saisies de cannabis en provenance de Thaïlande sont ainsi passées d’environ 1,4 tonne en 2024 à 2,5 tonnes en 2025, soit une progression de plus de 79 % en un an. Une situation qualifiée de « submersion » par un responsable de l’Ofast. Face à l’ampleur du phénomène et aux pressions de ses partenaires, la Thaïlande a renforcé ses contrôles aux frontières depuis le 18 juin. Les personnes interpellées avec du cannabis sont désormais confrontées à des sanctions plus lourdes : elles peuvent notamment payer une amende d’environ 30 000 bahts par kilogramme saisi, soit près de 800 euros, ou être poursuivies pour trafic de stupéfiants et placées en détention.
Ce durcissement pourrait expliquer la multiplication récente des arrestations de Français. Les autorités françaises entendent renforcer leur coopération avec Bangkok afin de mieux identifier les personnes utilisées comme « mules » pour transporter la drogue. L’Ofast prévoit notamment l’envoi d’une délégation en Thaïlande en septembre pour intensifier la coopération avec les autorités locales et lutter contre ces réseaux de trafic, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI